Alors que les autorités du pays appellent à l’investissement- Les autorités d’Annaba bloquent les initiatives

«… Autorise Monsieur Draredja Mohamed (…) à exercer l’activité de balade en mer au moyen de son navire dénommé EVASION au niveau du lieu d’accostage fixé par les autorités portuaires ».

C’est par ces termes que la personne agissant au nom du Ministre des travaux publics et des transports en poste en 2016 avait formalisé la décision portant autorisation d’exercice de l’activité balade en mer portant le numéro d’enregistrement 1445  délivrée au concerné en date du 23 septembre 2016. Fort de cette décision, l’interessé s’en est allé entamer les démarches et procédures  commerciales avec la société de gestion des ports de pêche à l’effet d’entamer son activité à noter que l’autorisation qui lui a été accordée a une durée de vie de cinq années. Elle est aussi personnelle,  précaire et révocable, intransmissible, incessible et ne peut faire l’objet d’aucune forme de location. Une manière comme une autre de cloisonner l’activité dans un cadre légal clair. Le destinataire de cette autorisation est sous obligation de respecter le cahier des charges et d’assurer ladite activité conformément aux conditions d’exploitation fixées par le décret exécutif du 16 juillet 2016 fixant les conditions et modalités d’exercice des activités de transport maritime urbain et de plaisance maritime. Des conditions rigoureuses auquelles s’inscrit Drarédja  Mohamed ou plutôt auxquelles il voulait  s’y inscrire, mais de 2016 à 2020 quatre années se sont déjà écoulées depuis l’acquisition de son bateau objet d’un investissement touristique qui lui a couté beaucoup de temps et d’argent, et notre plaisancier n’a pas encore eu d’autorisation pour accéder à un quai lui permettant de rendre utile son bateau pour lequel il avait engagé de fortes sommes d’argent acquises après des années de labeurs à l’étranger complétées par un prêt bancaire qui l’a poussé à mettre sa demeure sous hypotheque avec un delai de remboursement auquel lui et la banque ont convenu. A ce jour l’investisseur en question n’a pu trouver de solution à son probleme. Après moult démarches auprès des autorités nationales et locales, ses efforts n’ont eu que des promesses et rien d’autres. Dans une lettre non datée de la direction des transports de la wilaya d’Annaba portant n° 5817 de l’année 2017, cette institution de l’Etat a fait savoir à  Mohamed Draredja qu’il dispose d’un avis favorable pour commencer ses activités maritimes dans les delais requis. De son coté la direction générale des transports de la marine marchande du Ministere concerné a fait savoir à l’intéressé par courrier daté du 12 septembre 2019 après presque trois années consommées de la durée de vie de l’autorisation, que la commission centrale de sécurité de la navigation maritime a approuvé lors de sa réunion du 22 juillet 2019, les plans de construction du navire de plaisance dédié à la balade en mer. Cette dernière invite également l’intéressé à remettre une copie des  plans à l’administration maritime locale, c’est ce qui a été fait par le concerné. Dans une réunion qui a regroupé en date du 20 juin 2019 le représentant du directeur des transports de la wilaya d’Annaba, l’adjoint de la directrice générale de l’entreprise de gestion des ports de pêche, le représentant de la police des frontières du port d’Annaba, le représentant de la direction générale du port, le directeur de la chambre de pêche et des produits halieutiques et le chef de service de la pêche maritime qui au cours d’un débat ayant eu pour ordre du jour le cas de Draredja Mohamed, ont convenu d’attribuer à l’intéressé, après évacuation des indus occupants d’un quai d’accostage au niveau du port de pêche, devant lui permettre d’entamer ses activité dès l’ouverture de la saison estivale. Le 09 février 2020 une convention d’utilisation provisoire d’un quai pour activité de balade en mer, a été signée par l’interessé et la société de gestion des ports de pêche d’Annaba octroyant à titre provisoire l’espace en question à son utilisateur qui s’est acquitté des droits d’occupation le même jour, à l’effet d’entamer ses activités.

Et dire que Tebboune veut s’attaquer à la bureaucratie !

De février à septembre aucune démarche n’a été faite pour délocaliser les indus occupants et permettre au concerné de s’y installer. Le 20 septembre 2020 les services des gardes cotes d’Annaba ont procédé à une inspection de sécurité et ont relevé des réserves qui ont été aussitôt aplanies par l’investisseur. Des réserves liées à des aspects de sécurité et de prévention ainsi que d’autres aspects techniques préalablement à toute activité maritime. Jusque là, l’investisseur aura consommé un temps fou, à savoir le temps alloué à l’autorisation en question qui arrive à échéance et l’intéressé se trouve au même point de départ, lui qui croyait aux paroles des officiels qui invitaient les gens à investir dans le tourisme.

La galère

Toutes ces démarches faites par l’investisseur en question lui ont coûté beaucoup d’argent et lui ont fait perdre beaucoup de temps et mettent en péril sa demeure qui risque d’être vendue aux enchères publiques pour permettre à la banque de récupérer son dû. A ce jour aucune activité n’était possible du fait des entraves rencontrées par l’intéressé. Investir dans le tourisme en Algérie en particulier à Annaba relève de l’impossible. Cette ville est connue pour être à la traine des autres du fait des inombrables obstacles qui s’élèvent à chaque tentative de ses concitoyens à vouloir y apporter un plus. Annaba une ville à deux saisons à multiples reliefs disposant de 80 kilometres de cotes d’une forêt luxuriante et de personnes embusquées dans des zones d’ombre empêchant son épanouissement pour peu qu’un projet utile à la société  tente de voir le jour que la tempête se lève pour effacer toute trace. Le tramway qui trouve son usine à Annaba mais la ville en est dépourvue est l’exemple le plus illustratif. Le cas de Draredja l’est aussi à plus d’un titre face à l’ogre «administration» gérée par des personnes incapables de prendre en temps voulu la décision qu’il faut. Face à cette situation des requêtes ont été envoyées à toutes les personnes concernées à commencer par Abdelmadjid Berimi le wali d’Annaba qui a effectué une visite du bateau au niveau du port et qui a donné un élan d’espoir à l’intéressé mais ce n’était, selon lui,  qu’une simple visite aux trois tours et puis s’en vont. La même chose a été faite par son prédécesseur Toufik Mezhoud, qui, avec de belles parôles avait embobiné le concerné par de belles promesses qui se sont avérées des paroles en l’air. Annaba cette ville maudites par ses saints semble s’enlisser dans des problèmes qui font d’elle, la wilaya la plus delaissée par  tous les responsables qui se sont succédés à quelques exceptions près.  Au sommet de l’Etat, on ne se lasse pas d’appeler les algériens à investir en leur prometant monts et merveilles mais au niveau local c’est les grandes embûches. Un wali, n’est-il pas le premier responsable de sa wilaya ? Ne dispose-t-il pas de prérogatives à même de lui permettre de prendre les décisions qu’il faut en ton « T » ? Pourquoi ne tranche-t-il pas sur les situations qui sont portées à son niveau et permettre de libérer l’initiative de ceux qui veulent donner du baume à cette wilaya ? La raison il faut aussi la chercher ailleurs auprès de ceux qui se font appeler députés et sénateurs que l’on ne voit que lors de festivités officielles et encore ! Annaba, 4eme ville d’Algérie ? On s’en doute fort ! Il faut voir Setif, en matière d’investissement, d’affaires, d’emploi, il faut voir Bejaia,  Boumerdes et Chlef pour ne citer que ceux là et à un dégré moindre M’Sila. Annaba apparait déclassée, elle qui dispose de tous les ingrédients pour faire d’elle, l’une des meilleures villes d’Algérie. Malheureusement sa destinée est aux mains de ceux qui ne savent qu’en tirer profit. Parler des élus, qu’ils soient locaux ou nationaux c’est se lancer dans une aventure à la Don Quichot de la manche. Comble de l’ironie,  si l’on revient à notre cas, celui de Mohamed Draredja, l’on constate qu’aucun de ceux qui se targuent d’être les représentants du peuple ne s’est positionné dans cette affaire. Pourquoi ? Parce qu’ils sont tout simplement absent du terrain et se trouvent en hibernation jusqu’aux élections prochaines. Ceci ne va  pas changer le cour des choses et Annaba, pire que cela, elle ne vas pas en connaitre. Pour en revenir à la situation de Mohamed Drareja, auprès de qui nous voulions nous enquerrir de la situation, ce dernier joint par téléphone, nous a dit « Je suis sur la route Annaba/Oran pour le contrôle annuel des radeaux de sauvetage exigé par la commission de sécurité. Une  opération qui va coûter transport compris environ 700 000,00 DA et l’assurance coûte un peu plus de 240 000,00 DA/trimestre…Si au moins derrière, se trouve un espoir pour pouvoir travailler, ça fait des années que les dépenses se suivent sans pour autant  qu’il y ait  d’entrées pour compenser. Des responsables m’empêchent de commencer mon activité de bateau balade en mer à Annaba… J’espère que ça les rend heureux et fiers de me saboter et de me ruiner… »  Nous a-t-il dit au bout du fil, la gorge serrée car pour lui il ne voit pas encore le bout du tunnel. Annaba, lik rabi !

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