Le retour du confinement partiel-Encore un coup dur pour l’économie

A partir d’aujourd’hui 10 novembre les wilayas concernées par les mesures de confinement partiel, dont Annaba appliqueront des mesures coercitives qui touchent aussi bien les citoyens que l’activité économique. En réalité c’est l’économie qui sera encore affectée par ces mesures dues à la progression de la pandémie.

Hier les commerçants, toutes catégories confondues mais particulièrement les cafetiers et les restaurateurs affichaient ostensiblement leur mécontentement. Après avoir repris quelque peu l’espoir d’une reprise qu’ils attendaient impatiemment après l’épisode du premier confinement, les voila à nouveau aux prises de règles de durcissement qui leur font perdre tous les bénéfices engrangés depuis un mois. Il en est de même pour les transports des personnes, généralement appartenant au secteur privé qui se sont vus notifier l’interdiction de circuler durant le week end. Ce sont plutôt les commerces de vente au détail dont la plupart paient des loyers qui se retrouvent à nouveau concernés par des pertes de leur chiffre d’affaires. Les bailleurs ne veulent pas entendre parler d’un autre report des loyers car ils estiment qu’un tel report est préjudiciable et que tous ces loyers accumulés représentent pour eux une perte indéchiffrable. Certains d’entre eux préfèrent que les locaux qu’ils ont loués soient fermés et que les locataires leur rendent les clés quitte à effacer leurs dettes de loyers non perçus. Cependant les commerçants ne veulent pas en entendre parler car ils estiment que ce qui leur est arrivé n’est pas de leur faute mais celle de la pandémie et ses conséquences. Ils s’en tiennent donc à la promesse de l’Etat d’exiger des bailleurs de différer le paiement des loyers. En fait c’est la quadrature du cercle car les deux parties se prévalent de leurs droits. Les bailleurs savent bien qu’ester en justice les locataires ne s’étant pas acquittés de leurs loyers ne donnera aucun résultat car aucun juge n’ordonnera dans ces circonstances exceptionnelles le paiement de ces loyers ou éventuellement l’expulsion des locataires. Ce confinement bis n’est pas bien accueilli, loin de là. Il est même sujet de tracas perceptibles au niveau de la population qui se voit ainsi restreindre la liberté de circuler et de se détendre passé vingt heures. Dans les quartiers populaires où on vit dans l’exigüité, ce couvre feu risque de poser un énorme problème surtout chez les jeunes qui ont l’habitude d’être dehors, ne supportant pas d’être enfermés des heures durant en cette période pré hivernale où les soirées sont excessivement longues. Les forces de sécurité qui sont en charge de faire appliquer ces mesures strictes de ne pas sortir dehors après vingt heures auront bien du mal à faire respecter une telle mesure sauf s’ils recourent à la manière forte avec tout ce que cela comporte comme conséquences. Comment feront les policiers pour amener ces jeunes de quartiers à rentrer chez eux. Useront–ils de la force en engorgeant les commissariats, créant ainsi une suffocation supplémentaire des personnes enfermées qui deviendront ainsi des vecteurs puissants de la contamination du virus qui privilégie les endroits fermés. Donneront–ils des amendes de 10 000 dinars à tout ce monde qui reste dehors après l’heure imposée du couvre feu, sachant bien que la plupart de ces personnes ont une moyenne d’âge qui ne dépasse pas cinquante ans et que l’écrasante majorité d’entre eux sont des chômeurs ayant perdu toute occasion de gagner leur vie ? Il  va sans dire que ces mesures de durcissement décidées par le gouvernement qui a suivi trop à la lettre les conseils du conseil scientifique vont compliquer davantage la relation autorités–citoyens. En fait le moment n’est pas du tout propice à ce genre de décisions censées protéger la santé de la population mais oubliant un fait majeur, celui de l’anxiété que créera dans la population ce genre de décision. L’enfermement provoque un choc psychologique  indéniable qu’il ne faut en aucun cas négliger. Il crée aussi des situations de violence psychique au niveau de la cellule familiale qui perd ainsi un équilibre déjà précaire mais qui préservait  jusqu’ici  un brin de liberté indispensable pour la santé mentale. Enlever un tel avantage représente un risque qu’il ne faut en aucun cas prendre à la légère.

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