La perpétuité- Réquisitoire sévère du procureur contre Abdelmoumène Khalifa 

Au cours d’un premier procès le patron de Khalifa Bank avait été condamné à 18 ans de prison. Le second procès qui vient de se tenir à Blida n’est pas du tout favorable à l’accusé. D’autres faits lourds de conséquences lui ont été reprochés au cours des audiences. Le ministère public n’a pas été tendre avec lui, le spectre de la perpétuité plane sur la tête de cet accusé.

Il faut dire aussi que les chefs d’accusation retenus contre l’ex fondateur de la banque privée qui porte son nom sont légion et pour chacun d’eux l’accusé encourt une peine lourde. Si on comptabilise le nombre de ces peines ce sont des dizaines d’années de prison. Le procureur a fait court il a requis contre l’accusé la prison à vie. Il a quand même laissé une petite porte de sortie à Khalifa car il n’a pas prononcé le terme « sans remise de peine ». Quand on est accusé de « constitution d’association de malfaiteurs, de falsification de documents officiels  et d’usage de faux, de vol en réunion, escroquerie, abus de confiance et corruption et de banqueroute frauduleuse » on n’en sort pas indemne. Les témoignages brouillons de témoins appelés à la barre  ne permettront pas à la défense de l’accusé d’argumenter. Tout ce qu’ont dit les avocats n’est que verbiage. Aucun fait convainquant susceptible de remettre en cause ces chefs d’accusation n’a été présenté au juge qui préside le tribunal. L’accusé lui-même, s’efforçant de nier en bloc ce qui lui est reproché n’a donné aucune indication précise pouvant étoffer cette négation des faits qui lui sont reprochés. Le fait même qu’il ait quitté son pays avant que le scandale n’éclate constitue une présomption accablante pour lui. Interrogé sur ce point précis l’accusé a prétendu qu’il était poursuivi en France et en Grande Bretagne et qu’il avait alors pris les devants prenant peur, selon lui, d’être extradé par l’Algérie vers ces deux pays. Une telle argumentation ne tient absolument pas la route car il aurait pu, s’il était sans reproche à Alger, y rester et affronter la justice de son pays. Cette évasion n’est pas un aveu de faiblesse comme il n’a cessé de le souligner au cours de ce procès mais bel et bien une fuite car il savait pertinemment bien que ce qui lui est aujourd’hui reproché ne souffre d’aucun doute. Cette affaire Khalifa Bank trouve aujourd’hui son épilogue. Beaucoup de personnes et de corporations ont perdu de l’argent et la liquidation qui a été freinée pendant des années et qui vient de reprendre son travail mettra encore trois années pour conclure. Lorsqu’elle clôturera les comptes on ne trouvera que dalle.

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