Le projet de loi de finances 2021 adopté- Ce qui attend les Algériens

Le projet LF 2021 est passé comme une lettre à la poste. Il a été adopté par vote à main levée dans un hémicycle à moitié vide. Cela renseigne sur la validité et le sérieux de ce parlement lequel, en principe devait être ignoré en attendant le retour du président de la république qui doit signer la constitution amendée et dissoudre immédiatement après le parlement.

Manifestement cela n’a pas été le cas. Le gouvernement pressé par un environnement sanitaire et économique des plus précaires a donc fait du forcing. En effet cette loi de finances 2021 révèle un durcissement jamais égalé par les LF précédentes. Il y aura une hausse de la TVA  sur les biens de consommations, des augmentations de taxes sur les carburants et les cigarettes. S’il faut ajouter une dévaluation du dinar à hauteur de 5% chaque année et pendant les cinq prochaines et une inflation montant jusqu’à 4, 7%, on s’aperçoit bien vite qu’il y a plus qu’un serrage de ceinture pour les citoyens déjà très fortement impactés par la pandémie et ses conséquences sur le plan économique. En fait il s’agit d’une véritable politique d’austérité et non de rigueur comme on le prétend faussement. Le plan de relance économique est ainsi retardé pour au moins trois ans. Tous les espoirs suscités par l’adoption de ce plan qui devait démarrer au cours de cet automne ont subi les aléas de cette deuxième vague du covid dont le gouvernement a minimisé l’ampleur. Les dernières décisions du confinement partiel qui touche à présent trente deux wilayas du pays ont encore aggravé la situation déjà précaire de divers secteurs vitaux de l’économie nationale qui font vivre plus de la moitié de la population. Cette fin d’année verra vraisemblablement des faillites de commerces et de petites entreprises. Le pays n’étant pas riche au point d’accompagner ces secteurs par l’octroi de subventions ou d’aides comme cela se fait en France, pays qui a su préserver les millions d’emplois grâce au chômage partiel pris en charge pour 80% par l’Etat et accordé par le biais d’un fond de garantie des prêts qui s’élèvent à des milliards d’euros pour toutes les entreprises et commerces en difficulté. En Algérie on ne peut pas se permettre de telles largesses. L’année prochaine supportera toutes les carences et difficultés de cette année finissante. Celui qui prétend aujourd’hui  que le gouvernement peut faire mieux que ce qu’il fait est le piètre des menteurs. Aucun autre gouvernement, fut-il le plus éclairé ne pourra endiguer cette crise économique qui a frappé frontalement le pays et sur divers angles. Il ne reste qu’un seul espoir et il est encore mince, celui de la reprise de nos exportations pétrolières et gazières même avec un prix du baril ou du mètre cube de gaz en dessous du cout espéré. C’est grâce à la machine des hydrocarbures que le pays pourra continuer à rouler, sans celle-ci il ne faut même pas penser à ce qui nous attend car le pire est devant nous et non derrière. Tout dépendra finalement de la situation mondiale. Si un vaccin contre le covid est trouvé dans le mois à venir comme l’affirment les deux laboratoires américains Pfizer et Moderna alors il y aura incontestablement une éclaircie et l’économie mondiale reprendra. Il y aura un appétit d’hydrocarbures  des pays les plus industrialisés. L’Algérie  pourra en profiter et bénéficiera d’un afflux de demandes. Elle  pourra ainsi respirer et sauver ce qui doit être sauvé en attendant que la vie reprenne comme elle l’était avant 2020.

Préserver le pouvoir d’achat en en dépit de la conjoncture exceptionnelle

 

Par ailleurs le Gouvernement se dit avoir  œuvré, en dépit de la conjoncture sanitaire et économique que vit le pays, à préserver, dans le cadre du projet de loi de finances (PLF 2021), le pouvoir d’achat du citoyen, et d’assoir une dynamique d’investissement devant booster la production et conforter la démarche de diversification de l’économie nationale, a affirmé mardi à Alger le ministre des Finances, Aymen Benabderrahmane. S’exprimant au terme de l’adoption du PLF 2021 par les députés de l’Assemblée populaire nationale (APN), le premier argentier du pays a relevé le choix du Gouvernement d’opter en dépit de la situation sanitaire et économique prévalant dans le pays pour une préservation, autant que faire se peut, du pouvoir d’achat du citoyen, dans le cadre du PLF 2021.

La démarche du Gouvernement tend également, poursuit le ministre, à protéger les classes fragiles de la société, et d’assoir une dynamique d’investissement devant booster la production et conforter la démarche de diversification de l’économie nationale.

Il s’agit aussi, par cette dynamique, d’encourager le travail sérieux, l’investissement producteur, la création des postes d’emploi au profit des jeunes, la diversification des ressources publiques et l’investissement, et ce en attendant le lancement des autres mesures prévues par le programme gouvernemental, notamment le financement des investissement par les ressources financières du marché. Faire face aux défis financiers et sanitaires et assurer la continuité financière nécessite « le rejet de tout comportement négatif qui vas à l’encontre de la volonté publique, à savoir la concrétisation du processus de développement national durable », a-t-il estimé. D’après M. Benabderrahmane, la gestion efficace des dotations publiques exige de focaliser sur l’utilisation rationnelle de l’argent public et d’éviter toutes sortes de pression en la matière en élargissant l’assiette fiscale en vue de surmonter la conjoncture actuelle. Répondant aux questions de la presse sur l’ouverture du capital des entreprises publiques et le financement du déficit budgétaire, le ministre a rappelé que cette mesure est autorisée en vertu aussi bien de la Loi sur la monnaie et le crédit et des procédures réglementaires, ajoutant que les dispositions de diversification des ressources financières portent sur  » le développement du rôle des banques dans l’accompagnement de l’investissement et des entreprises, ainsi que l’ouverture du capital des entreprises publiques et l’ouverture de nouvelles banques privées ». Pour ce qui est du financement du déficit budgétaire, le ministre a annoncé que le Gouvernement recourra à la mise en œuvre des mécanismes de la politique monétaire stipulés dans la Loi, en concertation avec la Banque d’Algérie (BA), en sus d’un retour au marché financier. Il s’agit en particulier d’utiliser une partie des réserves et affectations constituées par la Banque centrale et du placement d’une partie des fonds propres de la Banque d’Algérie en bons du Trésor, conformément à l’article 53 de l’ordonnance N  03-11 relative à la monnaie et au crédit, en sus de la dynamisation du marché des bons du Trésor, à travers le rachat d’importants crédits bancaires communs, et le refinancement des bons du Trésor émis en contrepartie du rachat de ces crédits bancaires communs. De son côté, le Président de la Commission des Finances et du budget de l’APN, Ahmed Zeghdar, a indiqué que les membres de la Commission ont, à travers l’échange positif lors des débats, œuvré à la réalisation d’une grande part d’équilibre entre les besoins des citoyens, des établissements et des secteurs de l’Etat, soulignant que la responsabilité dans la bonne application des chapitres de cette Loi incombait à l’appareil exécutif, avec un accompagnement quotidien durable dans un souci de transparence en accord avec la moralisation de l’action politique. Mettant en avant l’importance de consolider la coopération entre l’institution législative et l’appareil exécutif, en vue d’assurer une mise en œuvre idoine des dispositions de cette Loi, M. Zeghdar a indiqué que la Commission veille à rendre la Loi de finances du prochain exercice, une Loi qui repose que les équilibres budgétaires, allège les dysfonctionnements dans les comptes et recoure à une utilisation idoine des ressources financières. La même responsable affirme également que la Commission a accordé, lors des débats, un intérêt aux fonds spéciaux et à la clôture de plusieurs d’entre eux, aux zones d’ombre, à la préservation des entreprises publiques, tout en focalisant sur la modernisation du secteur agricole, de l’irrigation.

 

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