Crise économique-En comparaison à ses voisins, l’Algérie s’en tire plutôt bien

Malgré la baisse des exportations de ses hydrocarbures dont l’Algérie dépend encore à presque 90%, le pays se porte relativement bien. En tous cas nettement mieux que ses deux voisins du Maghreb, lesquels éprouvent depuis l’apparition de la pandémie, la pire situation économique de leur histoire.

La Tunisie et le Maroc sont aujourd’hui des pays endettés et ils demandent une aide pressante au FMI qui ne semble pas pressé. En tous cas il exige des conditions draconiennes que ces pays ne pourront pas appliquer car la situation sociale de ces deux pays est explosive. Exiger de leurs populations plus d’austérité qu’ils en ont déjà et qui les a poussées dans une extrême pauvreté est tout simplement irréalisable et très dangereux pour la stabilité de ces deux pays. En comparaison l’Algérie dont la croissance s’est considérablement affaiblie à cause de la pandémie se porte nettement mieux. Certes le pouvoir d’achat a fortement baissé mais l’inflation qui a certes augmenté n’est pas celle qui fait basculer dans la pauvreté. La balance entre précarité et richesse est équilibrée grâce à la politique sociale de l’Etat qui a toujours été maintenue contre vents et marées. Il y a aussi un fait important qu’il ne faut surtout pas oublier. Le pays n’est pas endetté à l’extérieur. Sa dette interne  n’est pas insurmontable et c’est ce qui fait toute la différence avec les pays voisins. Certes il ne faut pas pavoiser. Il vaut mieux avoir les pieds sur terre. L’année 2020 a été une année difficile. Un constat que nous partageons communément avec le reste du monde qui lui aussi peine à se redresser. Il n’en demeure pas moins que la libéralisation du pays ces dernières années a fait surgir de l’ombre du désespoir un secteur privé qui avait été malmené des années durant par la politique socialiste introduite par le défunt président Boumediene. L’Algérie aurait pu devenir depuis longtemps déjà un pays émergent à l’instar de la Malaisie. L’acharnement idéologique des années soixante dix a étouffé toutes les énergies et synergies qui existaient à l’époque mais qui étaient empêchées par l’orientation inspirée de Marx qui animait les dirigeants de cette période. Le retard diagnostiqué au cours du milieu des années quatre vingt s’est avéré difficile à combler .Le secteur privé enfin réhabilité n’avait pas cette culture du libéralisme qui existait ailleurs et ses investissements lorgnaient vers une rentabilité rapide des gains , laissant de coté les projets à moyen et à long terme , ceux qui devaient mettre sur pied une croissance durable et créatrice de richesse. Toujours est-il que les années passant des entreprises comme Cevital ont pu voir le jour et se lancer dans des investissements à forte valeur ajoutée pour le développement. Bien sur il y a eu  des dérapages entrainant une corruption à large échelle mais c’était néanmoins le prix à payer pour voir enfin s’installer dans le pays une économie équilibrée entre le secteur public, qui disposait pendant des décennies d’un monopole outrancier et un secteur privé émergent régi certes par des règles anarchiques mais qui portait ses fruits sur le plan économique. Aujourd’hui le secteur privé dépasse en termes de croissance économique le secteur public qui n’est pas arrivé à sortir la tête sous l’eau depuis des années malgré les aides successives de l’Etat. Il faut aussi savoir que c’est le secteur privé qui emploie le plus en Algérie. Le changement de régime politique intervenu vers la fin de 2019 a assaini quelque peu ce secteur en l’évacuant de tous les parasites qui mettaient en danger l’autorité économique de l’Etat. Il ne faut pas confondre autorité économique de l’Etat avec secteur public. Cela n’a rien à voir. Il s’agit en fait d’une remise en ordre de l’économie selon des normes universelles. L’Etat est ainsi devenu le régulateur de l’économie nationale. C’est désormais lui qui fixe les orientations, les choix économiques et les priorités sans distinction aucune entre secteur public et secteur privé. Fait également nouveau, l’Etat surgi des élections de 2019, autorise désormais les investissements étrangers sans les obliger à s’associer avec des investisseurs locaux  et ce dans les règles fixées par la loi qui est aujourd’hui très assouplie . Si la pandémie n’avait pas pointé son nez cette année le pays aurait atteint un niveau de croissance très élevé qui aurait allégé l’Etat de l’exclusivité de la rente pétrolière et gazière. Avec des rentrées d’argent provenant d’un marché intérieur en pleine expansion la fiscalité aurait été nettement meilleure qu’elle ne l’avait jamais été. Ce frein de la pandémie a malheureusement  placé le pays dans un état de stagnation, celle que nous connaissons aujourd’hui mais qui ne durera pas car les bonnes nouvelles pointent à l’horizon. Le vaccin anti covid dont on prévoyait l’arrivée en juin 2021 sera commercialisée le mois prochain. On a ainsi gagné six mois d’avance car les pays industrialisés vont renouer avec les exportations d’hydrocarbures et vont se lancer dans des plans de croissance inédits pour combler leur retard de presque une année.  Les parts de marché que leur offrira l’Algérie dans des secteurs qui n’étaient pas accessibles pour eux jusqu’ici vont dynamiser ceux-ci les rendant compétitifs et concurrentiels créant ainsi des centaines de milliers d’emplois à travers l’ensemble du pays .L’ouragan de la pandémie passé tout est désormais du domaine du possible.

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