Lutte contre la corruption- Aucune pitié pour les auteurs de crimes économiques

Samedi dernier était une journée exceptionnelle pour l’ex wali d’Alger Abdelkader Zoukh. Il venait d’assister à deux procès au tribunal de Tipaza où il a été foudroyé par le réquisitoire, Ô combien était-il sévère de la part d’un représentant du ministère public insensible au regard criant l’innocence d’un ex chef de l’exécutif ayant usé et abusé des biens de l’Etat de par sa fonction de premier administrateur de la wilaya d’Alger.

Ce jour là la grandeur de celui qui fut le premier homme d’Alger s’est transformée en une bassesse inqualifiable devant un magistrat au fait du volumineux dossier, objet de cette séance du tribunal de Tipaza. Le procès d’un justiciable fut-il l’ex wali d’Alger n’est, en fait, pas un évennement en soi, mais un jugement d’un auteur d’un crime économique induit par un élan de corruption multiple relative à l’octroi d’indus  privilèges et des biens immobiliers à Tahkout Mahieddine et des membres de sa famille. Le même jour le tribunal de Tipasa avait requis contre lui durant son réquisitoire de la matinée de samedi, 15 années de prison ferme et un million de DA d’amende avec confiscation de tout ses biens dans l’affaire pour laquelle il est poursuivi pour corruption et octroi d’indus  privilèges à des membres de la famille de l’ancien directeur général de la sûreté nationale Abdelghani Hamel en prison pour d’autres faits. La  troisieme affaire dans laquelle Zoukh Abdelkader est impliqué pour les mêmes faits ou presque avec Ali Haddad en prison à Tazoult a été reportée au 8 décembre 2020. Dans ce dossier l’ex wali d’Alger est poursuivi pour corruption relative à l’octroi d’indus  privilèges à Ali Haddad, ex-président du Forum des Chefs d’Entreprises (FCE). A suivre les faits et les différents procès on constate que le premier responsable de la wilaya d’Alger n’était autre qu’un pion au  service d’une maffia à laquelle il obéissait au doigt et à l’œil. Mais combien sont-ils ces victimes de l’ère Bouteflika. Oui en d’autres termes ils sont eux-mêmes victimes du système qui les a formé à être des larbins au service de l’entourage immédiat de Abdelaziz Bouteflika et de son frère Said qui ont  vécu sous son regne  dans l’oppulence et l’impunité totale malgré les dénonciations incessantes de certaines partie de l’existence d’une maffia politico financière qui a mis à genoux un pays qui dispose de toutes les richesses naturelles qui existent sur terre et que le peuple assiste impuissant aux interminables  suicides de ses enfants au large de la méditerrannée. Ceux qui ont préféré la mort que de rester au pays et le voir  aux mains de ces criminels, resteront indéfiniment sur la conscience de ces être inqualifiables quelque soit la condamnation et les peines qui leurs seront infligées. Actuellement sous contrôle judiciaire, Abdelkader Zoukh pensait échapper à la prison mais grand était son choc en entendant le représentant du ministere public pronnoncer lors de son équisitoire, le placement en détention à son encontre,  une amende d’un million de DA ainsi que la confiscation de tous ses biens en attendant  le prononcé du dispositif de jugement le 8 décembre prochain. Pour cette affaire Tahkout, dans laquelle  Zoukh  est poursuivi pour « octroi délibéré d’indus privilèges à autrui lors de la passation de marché en violation des dispositions législatives et réglementaires », « dilapidation de deniers publics et abus de fonction par un agent public en violation de la loi », « conflit d’intérêt » et « octroi de franchises et d’abattements d’impôts et de taxes sans autorisation légale« , le représentant du ministere public a mis à nue argument et preuves à l’appui, les manigances des uns et des autres que malgré que Tahkout  disposait de décision de concession,  les permis de construction établis en son  nom ne servaient à rien du fait que ce dernier en a bénéficié de cet avantage, en dehors des regles et conditions légales  régissant cet aspect.  Malgré cela il a été démontré par le magistrat « l’inexistence de projets effectifs, qui ne  sont que des entrepôts et des parkings de bus, d’autant que le Trésor public a subi des pertes considérables en raison du non paiement des créances de l’Etat ». Avait argumenté le représentant du ministere public qui a mis en évidence l’intention de corruption et l’abus d’autorité en octroyant de vrais faux documents à un semblant d’investisseur qui n’est en réalité qu’un « Busnes-man » avide de gain facile. Criant son innocence, l’ex wali d’Alger avait indiqué que les décisions de concession qui avaient été signée par lui en faveur de la famille Tahkout passaient par des commissions techniques tout en invitant le tribunal à ouvrir une enquête à l’effet de connaitre la vérité sur ce dossier. Dans cette affaire 11 personnes sont citées comme témoins. L’affaire Tahkout est l’une des grandes affaires de par l’ampleur des dégats qui ont secoué le pays. Une affaire constituée à elle seule, selon  notre source, de « plusieurs dossiers répartis sur deux volets, le premier relatif à la délivrance de décisions d’affectation concernant 15 arrêtés de droit de concession pour investissement dans un foncier industriel pendant 33 ans, accordés par l’ancien wali dans le cadre de sa gestion du dossier d’investissement à Alger à Mahieddine Tahkout, en dépit des oppositions des services techniques à l’image de la Protection civile et de Sonelgaz, selon le président du tribunal repris par l’aps. Ces assiettes foncières ont été octroyées et la majorité de ces projets n’ont pas été concrétisés, a fait savoir le président du tribunal en se basant sur le rapport de l’Inspection générale des Finances (IGF), ajoutant que les contrats administratifs ont été délivrés et ce en dépit du fait que les bénéficiaires avaient des dettes envers l’agence immobilière d’Alger concernant les redevances n’ayant pas été versées durant les années entre 2014 et 2018. Le permis de construction a été octroyé sans le moindre respect du cahier de charge définissant tous les points susmentionnés. Selon l’information rapportée par l’APS  l’ancien wali d’Alger a également donné certaines décisions administratives pour « l’assainissement de certains fonciers « détournés » par Mahiedinne Tahkout, à l’instar d’un lot de terrain (8.000 m2) à la zone d’activités de Kaidi (Bordj El Kiffan) et du show-room à Reghaia, en sus d’autres privilèges dont deux lots de terrain d’une superficie de 28.000 m2 et de 16.000 m2. Concernant le second volet de l’affaire relatif à un marché de location des bus de Tahkout et de prorogation des contrats de 300 bus par l’Entreprise de transport urbain et suburbain d’Alger (ETUSA), l’accusé a fait savoir qu’il avait fait une demande au ministère des Transports en vue d’approuver l’option de location de 160 bus pour fournir le transport dans les nouvelles villes, ajoutant que le ministère a porté un avis favorable sur la demande avec réduction du nombre à 100 bus.  Selon le cable de l’APS, l‘ancien ministre des Transports, Abdelghani Zaalane, a déclaré « n’avoir reçu aucun appel du wali d’Alger pour la conclusion du marché en faveur du Groupe Tahkout », soulignant qu’il s’agit d' »une correspondance ordinaire qui a été suivie d’une réponse après avoir été examinée par les services centraux du ministère ». Plaidant pour l’acquittement de son client, la défense de l’accusé a fait savoir qu' »il s’agit d’erreurs de gestion ne portant aucune intention criminelle et qui peuvent être commises sous la pression ou l’urgence à mettre en œuvre des programmes et des initiatives ».

Par Hocine KEDADRIA et agence

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