Crimes économiques – C’est au tour de Houda Feraoun

L’ex ministre de la poste et des TIC vient d’être inculpée pour infraction à la règlementation et aux dispositions législatives par l’octroi d’avantages indus lors de la passation de marchés publics mais également de dilapidation de deniers publics et d’abus de fonction. Elle bénéficie de la liberté provisoire mais est placée sous contrôle judiciaire.

 Ainsi l’étau se resserre sur les derniers bastions de la corruption et  c’est loin d’être fini. Il y aura probablement d’autres personnalités publiques de l’ancien régime qui passeront sous la trappe de la justice. Celle que l’on présentait comme l’étoile montante de l’ex présidence de la république, en l’occurrence la tlemcennienne Houda Imane Feraoun, propulsée par l’ex chef de l’Etat qui l’avait choisie pour sa jeunesse, sa féminité attrayante  mais aussi parce qu’elle était bradée de diplômes universitaires dont la moitié d’entre eux avaient le label de l’étranger. Certes la concernée avait de sérieuses références et des atouts à faire basculer les ordres de priorité. Dès sa nomination elle sut séduire le syndicat le plus puissant de la poste et des télécom qui avait fait tomber plusieurs ministres. Une fois cette barrière franchie elle prit plaisir à se rapprocher  des oligarques qui avaient la faveur du clan présidentiel de l’époque. S‘ensuit alors des entorses évidentes à la réglementation régissant son secteur, contournant sans crainte les dispositions législatives qui servaient de support à cette réglementation. Les passations de marchés sans appel d’offres se sont alors succédés à un rythme intensifié avec l’accord non dissimulé de la ministre. Les ruptures de câbles sous marins qui avaient perturbé pendant plus d’un mois le réseau internet avaient alors démontré la gestion calamiteuse de la ministre. Sous la pression elle était obligée de passer des marchés avec des entreprises étrangères qui profitèrent de la précipitation pour faire passer une facture très élevée. La ministre ne pouvait alors que payer rubis sur l’ongle en sachant pertinemment bien qu’elle avait piétiné la règlementation en vigueur. Qu’importe pour elle puisque le problème des interruptions avait été réglé, sauf que les coupures persistaient à cause de la rapidité des travaux et de l’absence d’efficacité des entreprises de réparation. Celles –ci sont encore sollicitées à maintes reprises sauf qu’à chaque intervention elles présentaient une facture supplémentaire. Si ce n’est pas de la dilapidation des deniers publics, c’est quoi alors ! Ce premier chef d’accusation qui est aujourd’hui retenu par le juge qui instruit cette affaire sera suivi d’un autre, celui d’abus de fonction. En effet le passage de Houda Feraoun a été marqué par des licenciements spectaculaires de fonctionnaires de son secteur et de cadres d’AT. Des limogeages, qui selon certains employés de la poste et des télécom, n’étaient aucunement justifiés. En fait la ministre avait entrepris d’écarter tous ceux qui osaient lui faire des reproches sur tel ou tel problème intervenant dans la gestion technique ou financière de la poste , de la téléphonie mobile et des technologies de la télécommunication. Leur remplacement était immédiat et ceux qui étaient nommés en remplacement se distinguaient par une fidélité sans bornes à la ministre. Si le tsunami  provoqué par le Hirak n’avait pas emporté la présidence et tout l’exécutif ancien Feraoun aurait probablement pris de l’ascension. On avançait même à l’époque et dans les coulisses du pouvoir de l’époque que le président avait aurait avancé son nom pour occuper le prestigieux poste de ministre des affaires étrangères. La question qu’il faut poser est celle –ci. Lorsque Houda avait été sollicitée la première fois pour occuper le poste de ministre de la poste et des TIC était elle aussi ambitieuse ou bien l’a-t-on encouragée à l’être de manière démesurée ? En tout état de cause elle fait face aujourd’hui à la justice de son pays chose qu’elle n’aurait jamais imaginé sous la présidence de l’ex chef de l’Etat car en ce temps là l’appareil judiciaire était entièrement soumis au pouvoir.

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