Malgré de nouvelles potentialités-Le pays fonctionne au ralenti

L’économie nationale tourne à 35% de ses capacités réelles. Bien sur c’est  en partie à cause de la pandémie, mais pas seulement car les vieux réflexes n’ont pas disparu. On veut bâtir une Algérie nouvelle, jeune et dynamique mais on n’y parvient pas car on continue de vouloir faire du neuf avec du vieux et cela ne marchera jamais.

En effet mis à part le gouvernement qui a rajeuni ses membres le gros des institutions reste encore investi par des fonctionnaires dont la mentalité héritée par vingt ou trente ans d’exercice n’a pas changé d’un iota. L’attente d’ordres ou d’instructions venus d’en haut reste vivace. La prise d’initiative, le déclic du renouveau, la rapidité de décision, l’engagement même s’il est porteur de risque restent totalement absents. En fait le freinage inconscient ou conscient fait toujours partie de l’exercice de la responsabilité. Ce mal qu’on appelle bureaucratie émane de cette inertie, héritée d’un passé dont les racines sont lointaines. La colonisation a pris fin en 1962 Mais son héritage est toujours présent. On continue de travailler comme au temps des années soixante. Trop de hiérarchisation, trop de passerelles entre une prise de décision et l’application de celle-ci et souvent lorsque celle–ci arrive à destination elle est aussitôt bousculée par une autre qui la corrige ou la remplace. Cette verticalité est le mal absolu dont souffre l’Algérie  depuis l’accession à son indépendance. Elle continue malheureusement d’exister dans toutes les administrations du pays, surtout localement et cela commence par la commune qui est censée être la base du développement territorial. En fait  la municipalité n’a jamais joué son rôle, ce n’est qu’une figuration administrative qui vit des subventions de l’Etat et qui ne dispose, en plus d’aucun pouvoir de décision puisque celui-ci est détenu par le wali. Le maillage administratif du pays de plus en plus renforcé constitue le frein le plus puissant au démarrage économique. Nous le constatons régulièrement et à tous les niveaux. La paperasserie reste omniprésente déboutant ainsi toute initiative projeteuse d’innovation et de richesse. On parle et on insiste sur la numérisation  mais cet appel n’est pas entendu. On continue de traiter les dossiers avec une impitoyable lenteur et on croule sur des tonnes de papier qui en principe ne devaient plus exister depuis longtemps, depuis que la plupart des pays de la planète ont opté pour la digitalisation. Sommes –nous en face d’une fatalité insurmontable, celle de poursuivre jusqu’à la fin des temps cette manière de travailler et de fonctionner ? Si c’est le cas nous n’en sortirons jamais et toutes les politiques de développement accéléré de notre économie se heurteront inexorablement à ce mur d’inertie, cette barrière infranchissable où les efforts finissent par s’écraser. Faut–il dès lors s’étonner que le pays fonctionne économiquement  surtout, l’économie qui est le fer de lance du développement matériel et social. Le ralentissement que l’on observe  actuellement, au moment même où un plan de relance prometteur a été adopté et dont on attend impatiemment les résultats n’est pas une fatalité, loin de là ! Il est le fait d’une mentalité sclérosante qui est devenue un fléau pire que celui de la pandémie du coronavirus.

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