Annaba – Une ville chef lieu  sclérosée et des communes délaissées

La ville d’Annaba qui avait entamé il y a déjà quelques années une opération d’embellissement des façades des immeubles et cela se voyait à travers les quelques chantiers ouvert ça et là en plein centre urbain.

L’autorité publique locale qui a ordonné l’opération de maintenance de ces façades d’immeubles du centre ville et des cités avoisinantes était une excellente chose pour  la quatrième ville d’Algérie que l’on qualifie (souvent pompeusement) de «  coquette » de se débarrasser  progressivement d’une laideur et d’une dégradation qui navrait les regards. Malheureusement Annaba ne semble pas se départir des lenteurs qu’elle accuse dans tout ce qu’elle entreprend. Face à cela, les responsables locaux sont-ils réllement des médiocres ? Tout porte à le croire car ce qualificatif est sorti de la bouche même du chef de l’exécutif Djamel eddine Berimi en ce mardi 20 octobre en s’adressant à toute une assistance réunie dans la salle des conférences  de l’APW où certains comportements de responsables ont mis hors de lui le wali d’Annaba qui a surpris plus d’un par ce comportement adapté à la situation. Le même wali a, lors de l’une de ses sorties sur le terrain, insatisfait de ce qu’il avait inspecté avait invité certains responsables à partir s’ils ne pouvaient, être à la hauteur de leurs missions. Mais rien n’y fait, ils sont encore là. A voir l’Etat des communes qui composent la wilaya d’Annaba on a l’impression de vivre une ère dépassée par le temps pour ne pas l’assimiler à une wilaya totalement sclérosée du fait de l’inertie de ses responsables et surtout de ses élus locaux et députés inéxistants sur le terrain à une rare exception. Si l’on revient au chef lieu, cette ville d’architecture typiquement française qui ressemble, toutes proportions gardées, à Nice  et à Cannes (coté corniche) n’a pas fait la toilette  de son centre historique depuis que les français sont partis et cela fait bien longtemps qu’ils ont plié bagages. Ceux qui sont à  l’origine de cette initiative faut-il le dire, méritent donc toutes les félicitations car le travail est bien fait, même s’il est réalisé avec la lenteur d’un escargot.  L’idée est de faire de cette configuration urbaine un régal pour l’œil au grand bonheur de ses habitants qui affichent, depuis lors, une satisfaction à peine déguisée. Le travail est gigantesque car la ville  a été, durant des années laissée à l’abandon. Si l’on revient à la responsabilité des responsables locaux notamment dans ce qui est des lancements et suivis des projets ces derniers donnent l’impression aux habitants de la wilaya qu’ils ne sont pas sérieux du fait de l’absence totale de communication. La bureaucratie devenue maitresse des lieux empêche toute transparence dans les activités entreprises et personne de tout ceux qui se sont succédés à des postes de l’exécutif n’a pris la peine de s’adresser à la presse pour étaler sur la voie publique les attentes de la wilaya et les réalisations entreprises. Nous-mêmes avions sollicité officiellement une interview basée sur une multitude de questions concernant l’état de la wilaya dans ses aspects économique, culturel et social au chef de l’exécutif bien avant les élèctions présidentielles et à ce jour aucune réponse aussi bien négative que positive ne nous a été signifiée. Quoi que, reconnaissant le, une interview n’est pas un droit, mais la réponse à un courrier officiel s’impose de fait. Nonobsatant cela, l’important est que les seuls faits dont la ville en ressent l’impact, sont les dilapidations du foncier, les abus d’autorités, les détournements de deniers publics par le biais de passations de marchés en dehors des règles gérant cet aspect, d’où les nombreuses poursuites judiciaires à l’encontre de nombreux édiles, dont ceux d’Annaba, d’El Hadjar, de Sidi Amar, de Ain El Berda, de Berrahal, de Séraidi et la liste touche presque toutes les APC, en attendant les futures enquêtes qui seraient ouvertes au niveau de la wilaya incriminant, l’ex wali Mohamed El Ghazi et ses accointance avec ceux qui avaient la main mise sur Annaba dont Baha Eddine Tliba condamné en dernier ressort à 7 ans de prison ferme pour d’autres affaires. Une enquête que si elle serait diligentée démontrerait indéniablement l’ampleur des dégats occasionnés depuis de longues années à cette wilaya. Annaba celle qui était considérée quatrième ville d’Algérie, est désormais laissée à la traîne par plusieurs wilaya  du fait de l’inertie de ses responsables dont le meilleur des walis ne tient pas deux années consécutives pour se voir catapulté ministre alors que les résultats de son travail sont catastrophiques. L’on ne comprenait pas qu’elles étaient les critères de nomination de ces derniers. Les députés et sénateurs, eux, c’est une autre affaire. La population annabie éprouve les plus grandes difficultés du monde pour en débusquer l’un d’entre eux, en vain. Annaba est peut-être la seule wilaya qui héberge de très nombreux ex responsables venu d’ailleurs et ayant bénéficié de nombreuses largesses dont des terrains, des villas et des duplexes haut standing.

Une enquête devrait être ouverte à cet effet afin de débusquer ceux qui ont fait de leur responsabilité une source de richesse dont les signes extérieurs sont plus que révélateurs de leurs biens et de quelle manière ils sont acquis.

Il y a parmi ceux là des magistrats qui se sont sucrés et résident dans des villas qui coutent des fortunes du fait de leur situation et de leurs conceptions, des ex responsable de différents secteurs se sont accaparé des logements constitués de 6 à 8 pièces alors qu’une fois leurs missions terminées ces derniers devaient rentrer chez eux. On ne dit pas cela par régionalisme, mais on ne s’explique pas le fait de se voir dans un logement de fonction à l’arrivée et une ou deux années à la fin de mission on les voit  propriétaires de villas et autres terrains bien situés le tout courronné par des voitures de luxe pour leurs enfants, alors qu’ils  ne pouvaient pas se permettre tout cela  avec un salaire de la fonction publique. La question de savoir d’où tient-on cela se pose avec acuitée. Toujours est-il Annaba reste la vache à traire au mépris de ces citoyens qui passent tout leur temps à observer des sit in devant les institutions de l’Etat pour des droits bafoués, sans trouver une oreille attentive de la part des administrateurs ou encore de ces élus absents depuis les dernières élèctions. Pour en revenir à l’état de la wilaya en particulier au chef lieu, la situation demeure dramatique en tout lieu. Les brimades du wali, les gens n’en veulent pas mais sont en attente de décisions porteuses de fruits face à l’inertie des responsables et l’absence des élus de ces partis vomis par le peuple desquels les citoyens n’en reconnaissent pas la qualité. Le wali, s’il est venu dans l’intention de travailler, (et là le doute n’est pas permis en l’absence d’arguments),  en fonction de ses déclarations faites à la presse dès son installation, il doit sévir et de manière rigoureuse. A ce moment Annaba connaitra une évolution. Pour le moment restons dans l’embellissement de la ville et à présent qu’on semble avoir pris la mesure et saisi le taureau par les cornes, il ne faut surtout pas s’arrêter en chemin. Cela ne se fait pas pour  deux raisons. Premièrement, que l’on ne donne pas l’impression aux habitants de cette ville, qu’on n’est pas sérieux. Deuxièmement lorsqu’on regardera une partie de la ville superbement relookée et l’autre tout à fait ternie, on accentuera davantage la laideur  la faisant ressortir de plus belle et le résultat serait totalement désastreux. Par ailleurs  il reste énormément à faire surtout au niveau du cœur de la ville. La rue Emir Abdelkader (ex Bugeaud) à titre d’exemple, est illustrative de l’absence de prise en charge  et le point le plus abject qui s’offre au regard des passants c’est l’état des routes et la gestion des voies, qui présentent une plaie repoussante. Il y a encore plein d’immeubles dont les façades lézardées offrent un spectacle des plus miséreux. Ne parlons pas des quartiers et des cités qui longent le centre de cette ville comme, la cité Auzas, « Bormat el gaz », les Lauriers roses, le Ruisseau d’or qui ont cet aspect indigène que la colonisation avait sciemment construit pour entasser les « Arabes ». Néanmoins le plus grand chantier est celui de la vieille ville qui croule sous la vétusté. Qu’attendent donc les autorités locales pour retrousser enfin les manches et donner à ce site historique l’importance qui lui est dévolue. En dernière analyse ces travaux d’embellissement de la « coquette » ne doivent surtout pas être un trompe l’œil. Comme le dit l’adage « Quant on commence quelque chose il faut le finir » et si possible avec brio.

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