Corruption-C’est au tour de Saïd Bouteflika

Enfin on y est ! Saïd Bouteflika a comparu, hier, devant un juge d’instruction du tribunal de Sidi M’ Hamed. Il est entendu pour le chef d’accusation de corruption. C’est la première fois que le frère et conseiller de l’ex président de la république est officiellement impliqué dans une affaire (ou plusieurs) affaire de corruption. Jusque là il avait seulement été cité  en tant que témoin pour des affaires du même type mais qui concernaient d’autres personnalités.

A ce sujet l’opinion publique se demandait, souvent à juste titre, pourquoi celui que l’on désignait président par intérim est épargné. Cela paraissait invraisemblable pour l’homme de la rue qu’une personnalité aussi majeure qui faisait la pluie et le beau temps à la place de son frère cloué sur un fauteuil n’ait pas gouté aux délices de la corruption qui gangrénait à cette époque tout le pays et qui était devenue si banale que chaque personne exerçant à une échelle réduite une responsabilité au sein de l’administration se sucrait. A l’heure actuelle on ne connait pas les charges retenues contre Saïd Bouteflika. Le secret de l’instruction reste total. On connaitra les chefs d’accusation une fois l’instruction terminée. Pour rappel le frère cadet de l’ex président de la république est actuellement incarcéré à la prison militaire de Blida où il purge une peine de  12 ans de prison prononcée contre lui par la cour militaire de la même ville, à l’instar  des généraux Mediène (dit Toufik) et Tartag,  tous deux ’ex patrons des renseignements (ex Sécurité militaire)  qui purgent la même peine. Les concernés se sont pourvus en cassation. Ils attendent à présent la décision de la cour suprême.  Cela n’empêche pas la comparution pour des faits autres que ceux qui sont reprochés au frère du président (complot contre l’autorité de l’Etat). La corruption exercée dans l’exercice d’une fonction de l’Etat qu’elle soit dans les deux sens ou seulement un est un crime pénal entrainant des peines d’emprisonnement conséquentes aux faits reprochés assorties d’amendes assez lourdes. Lors des affaires de corruption qui ont touché les deux ex premiers ministres, ministres et chefs d’entreprises ayant le gabarit d’Ali Haddad, Saïd Bouteflika avait été cité comme témoin à décharge, appelé par les avocats de la défense de ces derniers. Il refusa de comparaitre deux fois de suite. La troisième fois il se présenta à la barre mais ne prononça pas un mot, le droit le lui permettant. Il n’en demeure pas moins que l’implication de ce dernier dans toutes les affaires de corruption qui ont saigné le pays à blanc au cours des dix dernières années est claire car comment imaginer que tous ces prédateurs qui se retrouvent aujourd’hui derrière les barreaux n’aient pas bénéficié de la bénédiction du frère cadet de l’ex président . Sans son accord rien de tout cela ne se serait produit. La responsabilité de cet homme est évidente et ne souffre d’aucun doute. A présent que le terrain est déblayé, que les corrompus et corrupteurs de toutes sortes se retrouvent en prison et que d’autres de leurs compères vont suivre, c’est au tour à présent du grand ordonnateur. Il faudra s’attendre à un procès retentissant entrainant de celui par qui tous les scandales sont arrivés.

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