mardi, décembre 7, 2021
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Secteur de l’énergie-Le monopole public est brisé

Par Djamel Saadi

Le ministre de l’énergie et des mines, Mohamed Arkab a reçu, jeudi dernier, les représentants du patronat. Il les a informés que dorénavant ils pourront investir dans le secteur des mines et de l’énergie sans être obligés de s’associer avec une entreprise publique. C’est une première en Algérie.

Ainsi la Sonatrach, sa filiale Naftal, Sonelgaz et ses entreprises externalisées ainsi que l’entreprise publique qui gére les mines viennent de perdre leur monopole exclusif d’exploration, de production, de commercialisation et de distribution des produits énergétiques et miniers qui leur étaient réservés jusqu’ici. Un verrou et quel verrou a sauté. C’est la nouvelle politique de l’Algérie initiée par son promoteur le président de la république. Le conseil du gouvernement de la semaine dernière a clairement laissé entrevoir une telle possibilité. Le résultat ne s’est pas fait attendre. Cela a été rapide. Il le fallait car le pays traverse en ce moment la période la plus difficile de son parcours économique. Il n’y a plus de place aux tergiversations, seule l’action compte et cette action ne doit plus appartenir au domaine jusque là privilégié de l’Etat à travers les entreprises publiques. Celles-ci ont montré leurs limites. Il faut du sang neuf et celui-ci donne la primauté aux investisseurs nationaux. Partant du principe qu’il existe aujourd’hui une masse d’argent considérable qui circule hors des circuits formels, l’Etat veut et entend encourager ceux qui le possèdent de l’investir dans le développement d’un secteur créateur de richesse et d’emplois. La puissance publique ne sera pas regardante sur la provenance des capitaux devant servir à ce projet d’envergure de relance du secteur des mines et de l’énergie. Ainsi ceux qui ont suffisamment de capitaux pourront désormais créer leurs propres entreprises et prospérer. Ce qui leur est demandé c’est de respecter la règlementation en vigueur, laquelle au demeurant a été largement modifiée après sa clarification concernant la règle 51/49% laquelle, tout en maintenant les 51%  d’actions détenues par l’Etat à travers ses groupes industriels publics concernant le secteur des hydrocarbures, des mines et du transport aérien et ferroviaire n’empêche nullement les entreprises privées nationales ou étrangères à conclure des accords d’association pouvant aller jusqu’à la détention de 49% des actions. Par contre ce qui est nouveau c’est le fait que les entreprises algériennes de statut privé pourront acquérir des permis d’exploration d’hydrocarbures ou de gisements miniers après cession des parts des groupes publics dans des zones où l’investissement concernant de telles explorations s’avère onéreux pour les entreprises publiques. Devenant ainsi propriétaires à cent pour cent des lieux d’exploration, les entreprises privées pourront alors si elles trouvent un gisement de pétrole ou de gaz le commercialiser à leur guise et en tirer les dividendes. L’Etat ne prélèvera que la fiscalité et celle-ci est alignée sur celle des entreprises publiques.  Le privé peut également raffiner et commercialiser les produits pétroliers soit en signant un accord de partenariat avec Naftal soit le faire par ses propres moyens, devenant ainsi un concurrent de cette entreprise publique. Il en sera de même avec Sonelgaz qui a une très grande longueur d’avance dans le domaine de la production électrique classique ce qui n’est pas le cas dans les énergies renouvelables. Là le secteur privé pourra même la surpasser en se lançant dans la réalisation de petites centrales à énergie solaire ou d’hydrogène vert soit en comptant sur ses propres ressources financières soit en s’associant avec Sonelgaz ou le cas échéant avec des investisseurs étrangers. Dans ce cas précis l’Etat a un droit de préemption dans le cas où l’investisseur étranger détourne la législation du pays. Ainsi les choix économiques de l’Etat sont désormais clairs et ne souffrent d’aucune ambiguïté, comme c’était le cas auparavant où le secteur privé était entre les mains de patrons proches du pouvoir qui en faisait ce qu’il en voulait en les orientant vers des domaines aux antipodes d’une politique ordinatrice de croissance exponentielle. Au sortir de leur rencontre avec le ministre de l’énergie et des mines, les représentants du patronat algérien affichaient un sourire de contentement qui ne laissait aucune place au doute quant à leur avenir dans un pays qui s’ouvre enfin et qui vient de mettre fin à un cadenassage qui a duré des décennies.

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