Air Algérie-La grande tourmente

La compagnie nationale aérienne a vu son chiffre d’affaires diminuer de 40 milliards de dinars depuis l’apparition de la pandémie. Certes elle n’est pas la seule compagnie aérienne à travers le monde qui n’ait pas eu du plomb dans les ailes mais pour Air Algérie dont la flotte vieillissante l’avait mise en difficulté les années antérieures au covid c’est un drame économique.

L’Etat comble comme il le peut le déficit de la trésorerie de la compagnie publique mais ce qu’il injecte n’est pas suffisant, loin s’en faut! Il faut un vrai plan de relance pour le secteur aérien du pays non seulement en ce qui concerne les vols domestiques mais également les vols internationaux. Dans les mois à venir la plupart des vols ne seront plus soumis aux restrictions connues au cours de la pandémie sauf qu’Air Algérie se place en retard en comparaison de ses voisins immédiats. Un retard difficile à combler vu la situation financière de cette entreprise. La solution c’est l’ouverture du capital de cette compagnie à des actionnaires privés nationaux pour renflouer la trésorerie de cette entreprise. Cela peut même aller jusqu’à 49%  du capital de cette compagnie. L’Etat est–il disposé à envisager une telle solution ? Pourquoi pas pensent certains experts économiques nationaux. Après tout c’est une tendance qui s’est confirmée au cours des décennies précédentes à travers le monde. Le schéma classique d’une compagnie publique disposant d’un capital à 100%  public est en très nette régression sauf pour certains pays qui disposent de réserves financières suffisantes comme les Emirats arabes unis, le Qatar, l’Arabie Saoudite et bien sur la Chine. On n’est pas dans ce cas de figure ou du moins nous ne le sommes plus depuis longtemps. L’autre solution mais elle est risquée est celle de la libération économique du secteur aérien en permettant à des investisseurs nationaux de créer leurs propres compagnies aériennes. Mais qui dispose d’une telle capacité financière pour se lancer dans un tel projet surtout si l’Etat n’est pas prêt à accorder les mêmes privilèges consentis à la compagnie nationale ? Il reste aussi l’autorisation donnée par l’Etat aux compagnies étrangères lokost, comme Transavia ou Easy Jet de desservir l’Algérie vers les destinations internationales. Il y a quand même un risque et celui-ci n’est pas minime, celui de concurrencer farouchement Air Algérie car ces compagnies aériennes à bas prix ont leur propre logique commerciale très éloignée de celles des grandes compagnies aériennes mondiales. Quand on vend des billets d’avion à des prix très prohibitifs vers une destination étrangère en partance ou vers l’Algérie, la France en particulier, on peut être surs à cent pour cent que les voyageurs algériens se rueront massivement vers ces compagnies à bas prix mettant ainsi Air Algérie à genoux. En fin il ya la solution extrême, pour l’heure non envisageable mais  si la situation financière de la compagnie nationale ne s’améliore pas et ne cesse pas de se détériorer cela pourrait devenir une option, celle de la fusion entre une compagnie aérienne européenne opérant dans l’espace euro-africain et Air Algérie. Dans ce cas de figure la compagnie nationale sera partiellement avalée par l’associé européen. Aujourd’hui l’Etat doit prendre une décision et celle –ci doit être exemplaire. Autrement dit aux grands maux les grands moyens. La situation d’Air Algérie est actuellement alarmante.

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