Rapatriement des Algériens bloqués à l’étranger-La fin d’un calvaire ?

Le comité scientifique a donné son feu vert concernant les ressortissants algériens bloqués à l’étranger depuis des mois à cause de la pandémie. Aujourd’hui, la question était à l’ordre du jour du conseil des ministres présidé par le chef de l’Etat.

Enfin ! Ces Algériens coincés dans les pays étrangers dont on ignore le nombre précis mais qui doit quand même être assez important pourront rentrer dans leur pays. Le comité scientifique, qui était jusqu’ici partagé sur leur éventuel retour vient de donner son aval. Le ministre de la santé publique a également donné, à demi-mot, son accord car il ne peut pas se prononcer définitivement sans l’accord direct du président de la république. Cet accord sera en toute probabilité donné lors du conseil des ministres d’aujourd’hui. Pour rappel ces ressortissants ont vécu un calvaire sans précédent lorsque le gouvernement avait pris la décision de fermer les frontières extérieures du pays au moment où la pandémie faisait rage en Europe,  y compris l’Angleterre, au proche et moyen orient, en Egypte  et en Tunisie. Les appels de détresse se multipliaient à une cadence régulière. La plupart de ces compatriotes qui ont l’habitude de circuler librement dans ces zones en faisant des allers et retours incessants entre l’Algérie et les pays cités dans cette zone se sont vus brusquement signifier leur interdiction de rentrer dans leur pays par ordre de leur gouvernement. On se rappelle les tentatives désespérées de certains d’entre eux qui avaient quitté l’Angleterre au plus fort de l’épidémie du covid, version britannique pour rejoindre l’aéroport parisien de  Roissy se voir refuser par l’ambassade d’Algérie l’accord de rentrer au pays. Idem pour nos ressortissants bloqués en Turquie dont le nombre est important. Ceux–ci se sont retrouvés dans une situation dramatique. N’ayant plus d’argent pour subvenir à leurs besoins essentiels, un grand nombre d’entre eux s’est livré à la mendicité, vivant comme des SDF. Souvent chassés par les policiers du pays d’accueil ils allaient demander secours à l’ambassade d’Algérie qui leur a fermé sa porte. Malgré les appels de détresse lancés sur les réseaux sociaux, aucune réponse concernant leur rapatriement n’a été donnée. Pour nos ressortissants en France la situation n’est pas la même car il y a un énorme élan de solidarité de nos nationaux vivant en situation régulière dirigé vers eux. Ce que ne comprennent pas ces ressortissants c’est pourquoi nos chancelleries à l’étranger ne leur aient pas permis d’effectuer des tests PCR  à leur niveau. Cela était possible car une fois fait un rapatriement d’urgence effectué par la compagnie nationale Air Algérie aurait pu être réalisé sans problème et une fois arrivés sur le sol algérien ils auraient pu être isolés pendant une dizaine de jours dans un hôtel réquisitionné par les autorités, conditionné par un contrôle quotidien des services sanitaires. Une telle décision n’a pas été prise et on se demande d’ailleurs pourquoi elle ne l’a pas été puisque matériellement c’est possible. Pourquoi un tel retard qui est devenu hautement préjudiciable pour ces compatriotes. Non seulement incompréhensible mais aussi et surtout d’une incroyable cruauté.  Ceux qui seront rapatriés sans doute dans les jours prochains devront présenter à leur arrivée dans l’aéroport d’Alger car vraisemblablement cette opération de rapatriement sera centralisée au niveau de la capitale pour être mieux supervisée et contrôlée présenter un test PCR  négatif réalisé quarante huit heures avant leur embarquement. Une fois sur place ils devront faire un second test mais cela ne veut pas dire pour autant qu’ils pourront quitter l’aéroport et sortir rejoindre les leurs. Ils seront placés impérativement en isolement de dix jours au cours duquel ils ne devront pas sortir de leur chambre. Leur nourriture leur sera fournie par le personnel de l’hôtel en question. Une fois leur isolement terminé ils devront se soumettre encore une fois au test de dépistage et si celui-ci est négatif ils pourront enfin revoir leurs familles et proches. C’est donc un parcours du combattant qui attend ces ressortissants bloqués durant des mois à l’étranger et ayant vécu les pires humiliations. Quel sera leur état d’esprit vis-à-vis des autorités de leur pays qui, disons –le franchement, les ont abandonnés à leur triste sort. On peut aisément le deviner !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *