Djerrad-« L’endettement! Une option désastreuse pour le pays « 

Le premier ministre intervenant à l’occasion de la célébration de la journée de l’étudiant a déclaré que le recours à un endettement extérieur par l’Algérie auprès du FMI ou tout autre créancier international est exclu. Une telle option serait désastreuse pour le pays a-t-il ajouté.

Ainsi le gouvernement réitère son refus catégorique de se faire prêter de l’argent pour relancer l’économie nationale, durement éprouvée par la pandémie, à l’instar de multiples pays, riches, mois riches ou pauvres de la planète. Cette idée de s’endetter a pourtant été préconisée dans un passé récent par des économistes du pays, dont certains d’entre eux sont connus. L’Etat ne veut pas tomber dans ce piège de la facilité qu’il avait d’ailleurs expérimenté au cours de la décennie 90. Les résultats d’une telle expérience ont laissé de très mauvais souvenirs que le pouvoir ne veut pas réintroduire car la fracture sociale qui existe déjà actuellement à cause des confinements successifs connus par le pays risque de s’élargir démesurément et provoquer un séisme social. Le compter sur soi est désormais la stratégie adoptée par l’Etat. Contrairement à des pays comme la Tunisie qui fait partie des pays éligibles à l’endettement extérieur (FMI et BM), l’Algérie a encore des ressorts sur lesquels elle peut s’appuyer pour s’en sortir. Il y a d’abord et toujours les hydrocarbures dont la rente servira, non pas comme par le passé à enrichir d’éventuels prédateurs ou subventionner des importations massives de produits destinés à la consommation mais bel et bien de reconstituer les réserves  de change qui ne cessent de se réduire .Sur ce point précis la tendance d’une reprise de l’économie mondiale se précise de jour en jour avec le recul de la pandémie dans la plupart des pays industrialisés qui ont encore besoin du pétrole et du gaz pour donner plus de rendement à leurs industries. C’est le cas de l’Espagne, du Portugal, de l’Italie et dans une moindre mesure la France. Au cours du second semestre de cette année les prix de l’or noir dépasseront en toute probabilité les soixante dollars le baril. Pour rappel le prix planché retenu par la LFC 2021 a été fixé à 40 dollars. Un relèvement des prix des hydrocarbures permettra aux finances publiques de réduire la dette intérieure qui est très élevée, ce qui ôtera le risque de recourir à la planche à billets. L’autre piste retenue par le gouvernement concerne une libéralisation poussée du secteur économique  réservé jusqu’ici aux entreprises publiques économiques. Ordre est donné aux EPE en difficulté d’ouvrir leur capital à des actionnaires privés, ce qui favorisera, cette fois –ci  leur entrée en bourse. Une telle possibilité rendra attractive l’actionnariat. Enfin le gouvernement est en train d’accélérer le processus de numérisation de la finance qui rendra obligatoire le paiement par carte bancaire et réduira considérablement le recours aux liquidités. Cette stratégie adoptée aujourd’hui très largement à travers le monde mettra fin à toutes les opérations frauduleuses échappant au fisc. Ce sera le coup le plus rude qu’ aura à affronter  le circuit informel qui sera alors contraint de placer l’argent liquide qu’il détient en secret et dont le chiffre est calculé en milliers de milliards de dinars. Cette option commence déjà à être réalisée. D’ici la fin de 2022  il n’y aura plus  de milliards thésaurisés car ils ne serviront à rien. Tout ce train de mesures que nous venons de citer permettra au trésor public, durement éprouvé par la crise sanitaire de renflouer ses caisses grâce à une fiscalité qui reprendra des couleurs.  L’endettement extérieur préconisé par tous ceux qui espèrent un retour à l’opacité  qui régentait le pays depuis des décennies n’a pas sa raison d’être. C’est la justification du nouveau pouvoir qui veut mettre un terme définitif aux pratiques du passé.

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