Mediature de la république-Pourquoi Brahim Merad ?

Karim Younes est connu par les Algériens. Il était à la tête de cet organisme chargé au cours de la période de transition imposée à la suite de la démission de l’ex président de la république de mettre sur rail le processus de l’élection présidentielle. Ce fut un échec pour lui et son équipe.

Repêché par le nouveau président de la république qui lui confia le poste de médiateur de la République, Karim Younes a eu encore une fois sa chance de montrer ses capacités personnelles mais pour faire quoi ? En effet  on ne sait pas avec la précision voulue si ce poste de médiateur est  seulement honorifique ou opérationnel. La mission dévolue à ce médiateur a toujours été floue. Avait–il pour charge de concilier les inconciliables comme cela avait été le cas lors de son ancienne mission ? Selon ce qu’il dit c’était un peu de cela qu’il était question. Alors qu’est–ce qui a coincé entre le président et Karim Younes ? Ce dernier qui s’est confié au journal « El Watan » a déclaré qu’il avait été informé de sa fin de mission par les médias et que le président ne l’en avait pas mis au courant. Tebboune a-t-il été excédé par la nonchalance de Younes ou lui reprochait –il de prendre des initiatives sans s’en référer à lui, comme le protocole l’exige ? Ces questions seront sans doute sans réponse, du moins au niveau de la présidence de la république. Par contre selon Karim Younes il y avait une divergence de vue sensible entre lui et le chef de l’Etat, c’est du moins, ce qu’il dit. Cet ex médiateur aurait conseillé au président d’ouvrir un dialogue inclusif et sans exclusion aucune avec les partis politiques. Or cette suggestion n’est pas la tasse de thé préférée d’Abdelmadjid Tebboune qui préfère changer littéralement de cap en donnant plus de prérogatives d’action à la société civile et aux jeunes. Ce discours à l’ancienne qui avait d’ailleurs capoté lors de la période de transition dirigée par les trois B et cordonnée par le défunt ministre de la défense n’a pas la faveur du chef de l’Etat, dont l’urgence de la situation sur le plan économique l’oblige à aller d’urgence à l’avant en évitant tous les pièges de la politique politicienne qui a toujours appelé au dialogue inclusif et lorsque celui-ci est mis en place tous les prétendants à ce dialogue ou bien se rétractent en invoquant des prétextes fallacieux ou en exprimant des conditions contraires à la vision du pouvoir actuel, à savoir un dialogue sans fin qui n’aboutirait à rien.  Karim Younes a donc été remplacé par le désormais ex conseiller du Président de la République en charge du développement des zones d’ombre, où il a, selon de nombreux témoignages rapportés par la presse nationale, donné satisfaction en de nombreux lieux. Brahim Merad cet homme de terrain a été wali d’Annaba du 11 juillet 1995 au 12 juillet 1997 date à laquelle il fut l’objet d’un complot ourdi contre lui par la mafia du RND local à l’époque confortée par le pouvoir en place qui a fait perdre Annaba un véritable homme de terrain que d’aucuns regrettent à ce jour. Après une période de détente il avait été rappelé au service et nommé wali à Tiaret, puis muté à Boumerdes, de là à Médéa ensuite vers  Tizi Ouzou. Brahim Merad connu pour son sérieux et sa sagesse a échappé miraculeusement à un attentat terroriste meurtrier en 2013 qui a eu pour victime un policier et un civil et quelques blessés lors d’une visite d’inspection et de travail au niveau de la wilaya de Médéa. Les habitants de Tizi Ouzou, selon certains témoignages, eux aussi,  regrettent le départ de Merad de leur wilaya. Chargé du développement des zones d’ombre, cet ex conseiller du Président de la République et actuel médiateur de la république va devoir dynamiser cette structure qui se trouve être un lien permanent entre gouverneurs et gouvernés. La tâche n’est pas facile, mais pour Brahim Merad elle n’est pas impossible. En connaisseur du terrain sa premiere mission sera donc celle de mettre l’homme qu’il faut à la place qu’il faut  afin de donner une véritable impulsion à cette nouvelle responsabilté qui, jusque là n’a donné aucune impression de son existence même, du fait qu’elle soit boudée par l’administration et son rôle se limitait à travers certains responsables locaux à transmettre les doléances des citoyens qui ne voyaient rien venir , d’où la perte de sa crédibilté. On se rappelle encore le cas du médiateur local d’El Tarf qui a eu maille avec l’un des responsables centraux  en visite au niveau de cette wilaya, qui n’avait même daigné lui accorder la moindre importance. Une affaire qui a fait couler beaucoup d’encre. Ce genre de cas Brahim Merad doit le prendre en considération afin de crédibiliser davantage la mission dont il a la charge, mais pour cela il lui faut des hommes de poigne, qui soient eux-mêmes crédibles et qu’ils ne soient pas entachés de couleur politique attenant à l’ancien système. Brahim Merad, sur ce plan il en connait un bout et ses différents passages en temps que premier responsable de l’exécutif de différentes wilaya, lui ont permis de connaitre des gens. 

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