mardi, décembre 7, 2021
ÉconomieAlgérie-MarocLe statu quo

Algérie-Maroc
Le statu quo

L’ONEA (office marocain de l’énergie et l’eau) semble minimiser la décision algérienne de fermer le gazoduc algérien traversant le territoire marocain. Pour les marocains cette fermeture serait « insignifiante » et n’aurait aucun impact sur l’alimentation électrique d’une partie du royaume.  Cette déclaration est fausse. Le Maroc est pris à la gorge mais ne veut pas l’avouer.

En réalité deux centrales électriques marocaines sont en rupture de stocks. Le gouvernement marocain a dépêché en urgence son ministre de l’énergie à Madrid pour négocier l’achat de ce gaz algérien qui ne lui est plus livré par l’Algérie à un prix avantageux, sans parler d la redevance qu’il percevait pour le droit de passage qui se chiffrait à 200 millions de dollars par an. Cet orgueil affiché par le royaume qui ne veut pas céder d’un iota sa position concernant l’Algérie confirme que le Makhzen joue la carte de l’usure, espérant un fléchissement dans le temps de la part de l’Algérie. C’est mal connaitre les Algériens dont les principes n’ont jamais été fissurés malgré une certaine realpolitik qui a poussé la plupart des pays arabes et certains pays africains à composer avec des pays qui n’avaient jusqu’ici aucun lien avec eux. La position algérienne dérange les pays occidentaux qui sont tentés de reconnaitre la marocanité du Sahara occidental, sauf que notre pays les empêche à sauter le pas car leur rappelant sans cesse leurs engagements auprès de l’ONU sur le dossier sahraoui dont la souveraineté marocaine sur ce territoire n’est pas reconnue par l’organisation onusienne. Ce côtétrouble-fête énerve au plus haut point le Maroc car au niveau de l’Union européenne tout produit émanant du territoire sahraoui reste interdit à la commercialisation. Sur le plan politique le parlement européen qui siège à Strasbourg ne reconnait nullement la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental. Ce positionnement empêche ainsi les gouvernements européens à agir. L’exemple illustrant cet empêchement vient de la France qui a voulu contourner sa position officielle en envisageant d’ouvrir un Consulat à El Ayoun. Le tollé qui s’ensuivit a mis fin à cette solution. Depuis on n’en parle plus d’autant que le Maroc avec le problème d’écoute via le logiciel israélien de tout ce qui se dit en France a fait décider l’Elysée de mettre de la distance entre les deux pays. Une distance que Paris ne veut pas remettre en cause surtout après le différent récent qui l’oppose à l’Algérie. Paris joue donc la neutralité pour ne pas irriter davantage Alger. La dernière entrevue entre Lamamra et Le Drian donne quelque signe d’apaisement entre les deux pays. On remarque, en effet, que toute déclaration heurtant la sensibilité algérienne a été supprimée côté français. Il en est de même côté algérien. Dans ce cas de figure c’est le Maroc qui est le grand perdant car il a perdu un soutien discret mas fort de la France. A part ce pays le royaume n’entretient pas de relations denses et suivies avec les autres pays européens, à commencer par l’Espagne dont les relations avec Rabat sont toujours tendues. Non plus avec l’Italie qui n’a jamais inscrit dans son agenda relationnel le Maroc. Tous les autres pays européens de l’ouest et de l’est du continent ont seulement des relations protocolaires avec ce pays. Il en est de même avec la Russie et le Royaume Uni. Par contre tous ces pays que nous venons de citer entretiennent des relations commerciales et économiques avec l’Algérie et certains d’entre ces pays comme la Pologne, la Hongrie, la Roumanie, la Serbie, la Bulgarie, à l’époque où ces pays faisaient partie du bloc communiste avaient tissé des liens d’amitié qui sont restés présents et se sont même confortés après la chute du mur de Berlin. Le royaume n’a aujourd’hui comme soutien que les monarchies arabes, et Israël. Les Etats –Unis quant à eux s’ils reconnaissent sur une simple décision (celle de Trump et de Biden) la marocanité du Sahara occidental n’ont jamais entériné celle-ci à l’ONU et c’est cet entérinement qui compte en matière de légalité internationale, surement pas une décision ne prise à la Maison Blanche et qui n’a pas reçu l’aval du Congrès (Chambre des représentants et Sénat). En réalité ce statu quo qui existe actuellement entre l’Algérie et le Maroc est au bénéfice exclusif de l’Algérie. Le Maroc quant à lui reste enfermé dans ses contradictions et n’en tire aucun dividende soit sur le plan politique qu’économique.     

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