mardi, décembre 7, 2021
ActualitésConférences de Paris:Tebboune, l’absent de taille

Conférences de Paris:
Tebboune, l’absent de taille

Que ce soit la conférence internationale sur la Libye ou celle de la paix, l’absence d’un chef d’État et non des moindres n’est pas passée inaperçue, celle du président de la république algérienne. Le chef de l’État avait d’ailleurs manifesté sa décision de ne pas y participer malgré l’invitation qui lui a été faite par le président français.

Cette absence traduit la volonté du président algérien de répondre à son homologue français lui signifiant indirectement qu’il existe aujourd’hui des choses à régler entre les deux pays suite aux dérives surprenantes du chef de l’Etat français qui n’ont pas fait l’objet d’excuses officielles par ce dernier concernant ce qu’il a dit à deux reprises sur l’Algérie et l’équipe dirigeante de ce pays. Certes Emmanuel Macron a déclaré au cours d’une conférence de presse qu’il regrettait ce qu’il avait dit et qu’il en appelle à l’apaisement, louant au passage le rôle majeur de l’Algérie dans la région et faisant état de son profond respect pour le président Tebboune. Cela ne semble pas suffisant pour l’Algérie qui attend un geste significatif de la part du président français, un geste qui ne doit pas paraitre anodin comme le fait de le traiter au cours d’une conférence de presse au milieu d’autres questions à caractère international. El Mouradia attend du président français une déclaration nettement adressée aux dirigeants algériens dans laquelle il rappellera de manière solennelle ce qu’il avait dit auparavant au cours d’une conférence de presse. Tant qu’Emmanuel Macron ne se décide pas à faire le premier pas la position algérienne restera inchangée. Autrement dit un statu quo qui ne variera pas d’un iota. D’ailleurs le président algérien, au cours de l’entretien qu’il a accordé il y a quelques jours au journal allemand Der Spiegel a déclaré à propos de la brouille entre l’Algérie et la France ceci « Je ne ferai pas le premier pas ». Le message est clair, autrement dit c’est à l’Élysée de débloquer cette situation. Ce qui apparemment n’a pas été fait donc acte. Le président algérien par son absence remarquée au cours de la conférence sur la Libye a montré sa détermination et n’a pas flanché. Cette absence a vraiment été ressentie par les participants à cette réunion à laquelle figuraient un nombre important de chefs d’État africains et occidentaux. Le fait même qu’un pays frontalier avec la Libye qui entretient au demeurant, non seulement, d’excellentes relations avec le gouvernement de transition libyen, mais connait parfaitement le dossier complexe de la Libye pour être reconnu comme un exemple par la plupart des pays qui sont intéressés par ce problème,y compris par les États-Unis, dont la vice-présidente Kamala Harris a assisté à cette conférence. Pour le principe et pour signifier que l’Algérie reste malgré tout préoccupée par ce qui se passe actuellement en Libye, le président Tebboune avait dépêchéRamtaneLamamra, ministre algérien des affaires étrangères. Sans doute que l’Élysée n’a pas apprécié que l’on envoie un ministre même si ce dernier est reconnu mondialement pour sa connaissance des dossiers internationaux. M.Lamamra aurait dû être reçu au moment de son arrivée au siège de la conférence par son homologue français, c’est une question de protocole or cela n’a pas été fait, notre ministre, dès sa descente de la voiture officielle aux couleurs de l’Algérie, a été salué par le directeur du protocole de l’Élysée, autant dire un subalterne et il a franchi le perron en pénétrant tout seul dans le palais où se tient la conférence, sans être accompagné par un officiel français. Cette gaffe du côté français ne manquera certainement pas d’être commentée par les médias. Du côté d’El Mouradia on garde jusqu’ici le silence mais celui-ci ne tardera pas. Il faut s’attendre à une réaction conséquente et proportionnée de la présidence de la république. Ce qui élargira encore le fossé qui sépare actuellement les deux pays. Une chose est acquise les Algériens sont aujourd’hui décidés à se détourner de la France sur tous les plans or sans l’Algérie un pays comme la France qui est déjà enlisée au Mali,en ne sachant pas comment en sortir sans perdre de sa crédibilité sera au cœur d’un conflit où elle est aujourd’hui perçue comme étant un acteur qui n’ a pas joué comme il se doit son rôle de protecteur et dont la présence ne fait qu’accentuer les divisions internes que connait actuellement le Mali et pas seulement ce pays car au Niger et au Tchad, pays considérés comme traditionnellement acquis à une sorte de protectionnisme d’ancienne puissance coloniale les actions de groupes djihadistes se font de plus en plus parler d’elles et il existe aujourd’hui une connexion  entre les populations de ces pays avec ces groupes. Dans ce maelstrom subsaharien qui s’étend jusqu’au Burkina Fasso, la France sans le concours constructif et éminemment diplomatique de l’Algérie qui est très bien vue et très considérée par les peuples de cette immense région au sud du Sahara n’en sortira pas indemne.

 

 

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