vendredi, mai 27, 2022

Élections locales:
Peu d’engouement

On sait que les élections locales n’ont jamais suscité d’engouement chez les populations concernées. La cause : Les élus se suivent et se ressemblent. Que ce soit au niveau de l’APC ou de l’APW. Les communes ont toujours le même programme à peu de choses près et les assemblées de wilayas concrétisent rarement leurs projets, lesquels finissent souvent au fond d’un tiroir.

Ceux qui se déplacent pour voter sont toujours les mêmes, des gens d’un certain âge qui glissent leurs bulletins dans l’urne par habitude. C’est un geste mécanique et souvent les bulletins sont pris au hasard. Un geste sans conviction, ni choix approprié. Avant le changement opéré en décembre 2019, les résultats de ces élections locales se révélaient sans surprise car la fraude et le bourrage des urnes étaient monnaie courante. C’est toujours le FLN ou le RND qui raflaient la mise. On gonflait le taux de participation au vote lequel, en réalité, ne dépassait pas les 10% et on le transformait en 60 %. Personne ne contestait de tels chiffres car la presse était muselée ou soumise au chantage d’octroi de la publicité. Au niveau des citoyens on savait que tout cela n’était que subterfuge. Apparemment les chose ont changé depuis l’élection du nouveau président de la république, un chef d’État qui n’appartient à aucun parti politique et dont le seul souci est l’intégrité. La nouvelle constitution consacrant la séparation des pouvoirs rend extrêmement difficile tout type d’intervention, fréquente dans l’ancien système.

Par ailleurs l’ANIE ne se laisse pas berner et intervient quand il le faut pour débouter tel parti ou candidat indépendant qui outrepasse les règles. Les dernières élections législatives ont démontré l’efficacité de l’ANIE. C’est pareil pour ces élections locales. Donc du point de vue du déroulement de ce scrutin il n’y a rien à objecter. Tout est réglo. Le problème du peu d’engouement que représente ce vote du 27 novembre prochain c’est, nous l’avons souvent dit et répété, l’absence de programme. Offrir des listes comportant une multitude de noms de candidats sans aucune annexe expliquant ce que veulent faire ces candidats, une fois élus ce n’est, ni plus ni moins qu’un coup d’épée dans l’eau. Qu’offrent en réalité ces candidats à l’électorat pour les persuader de voter pour eux ? Rien ! Il n’ya donc aucune raison de penser que cet électorat se bouscule dans les bureaux de vote samedi prochain, du moins pas dans les proportions espérées. Il y a peu de probabilités que la participation à ce scrutin soit significative. De toute façon elle ne l’a jamais été depuis longtemps. On se souvient que les élections législatives avaient enregistré un faible taux de participation. Les locales subiront elles le même sort ou pire ?

On le saura le lendemain ou le surlendemain du vote. En réalité ce scrutin même s’il est marqué par le sceau de l’honnêteté ne fait pas la Une chez les citoyens car pour ces derniers le statut dont jouissent les assemblées élues locales est resté le même depuis son institution au cours de la décennie soixante-dix. Cinquante ans sont passés et les APC et APW fonctionnent à peu de choses près à l’identique même après l’instauration du multipartisme. Les Maires et présidents d’APW ont un tuteur, le wali. C’est lui qui ordonne ce qui doit être fait au niveau de toutes les communes dépendant de son autorité wilayale. De là à penser qu’ils ne font que de la figuration le pas est vite franchi. Pour que les élections locales aient un véritable sens poussant les citoyens à aller voter massivement il faut impérativement réformer le code communal et celui régissant la wilaya. Sans une telle réforme devant inclure des changements profonds au niveau de l’autorité des élus, leur liberté de manœuvre et une autonomie intégrale de gestion de leurs circonscriptions électorales les élections renouvelant les APC et APW ne cesseront de décliner.

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