mardi, août 16, 2022

Résultats des élections locales:
On prend les mêmes et on recommence

Comme lors des législatives le FLN, suivi de son frère jumeau le RND décrochent la majorité des sièges au niveau des APC et APW. Fallait-il s’attendre à un tel résultat ? Bien sûr que oui ! Vu que ceux qui sont allés voter le 27 novembre dernier constituent le même électorat habitué à élire les deux partis de l’ex majorité présidentielle. Ne dit-on pas que l’habitude est une seconde nature ?

En fait ceux qui se sont déplacés ce jour d’élection sont majoritairement âgés, une frange qui va de 50 à 80 ans. Ceux qui ont quarante et moins représentent une minorité. C’est justement cette minorité qui a donné ses voix aux indépendants et aux petits partis qui avaient émergé lors de l’élection présidentielle. Les islamistes, particulièrement ceux du MSP sont les grands perdants, bien qu’ils aient fait une campagne électorale qui s’est distinguée de celle des autres partis et candidats. Cela prouve que leurs militants et sympathisants ne se sont pas déplacés massivement.  Cette victoire de l’ex parti unique et celle de son clone de circonstance démontre que ces deux formations politiques restent bien ancrées dans l’esprit d’une catégorie de citoyens qui restent frileux vis-à-vis du changement. L’esprit du Hirak a totalement disparu et le conservatisme politique a repris sa place dans l’échiquier politique du pays. Est-ce une bonne chose ? Ce serait le cas si le FLN révise sa doctrine, celle qui suit la politique gouvernementale sans prendre la peine de contrôler l’exécutif au parlement, comme le prévoit d’ailleurs la constitution amendée. Si ce parti, comme d’accoutumée vote sans rechigner tout ce que le gouvernement propose, comme il nous a habitués à le faire depuis l’indépendance, c’est qu’il sera toujours une boite de résonnance du pouvoir. Un pouvoir qui n’a d’ailleurs pas besoin de son concours puisque dans l’équipe gouvernementale des ministères sans importance lui ont été attribués, bien qu’il ait obtenu la majorité des sièges à la chambre basse du parlement. L’espoir si espoir il y a, consiste à changer la direction actuelle du vieux parti dont une majorité de militants de la base n’en veut plus. Un tel changement est-il aujourd’hui possible avec cette victoire sans appel du parti à ces élections locales ? Selon des sources bien introduites dans le giron de l’ex parti unique, les listes de candidats à cette élection ont, pour la plupart d’entre elles, été choisies et sélectionnées par ceux qu’on appelle les dissidents. Si cela se confirme les jours de l’actuel secrétaire général du parti sont comptés. Lors du prochain congrès il sera balayé du sérail.

Au RND dont la direction actuelle a montré quelque disposition au changement,celui-là même qui entend résolument se démarquer du FLN qui lui colle à la peau, faisant de son appareil politique un appendice de l’ex parti unique, la tendance à édifier un parti différent dont la doctrine est un mélange de nationalisme et de libéralisme plus poussé tant sur le plan économique que social puisque ce parti accorde plus que tous les autres partis une place privilégiée aux femmes. Un électorat féminin très courtisé par le RND et qui est en train d’apporter ses fruits. Est-ce que ces deux formations politiques à présent qu’elles savent que la présidence de la république est au-dessus de la mêlée et qu’elle ne privilégie aucun parti politique changeront-elles leurs méthodes de faire de la politique. Une chose est sure, ces deux partis sont tiraillés entre le choix de faire de l’opposition au gouvernement quand celui-ci leur semble dévier de sa trajectoire.

Continueront-ils à être figés dans un soutien sans condition comme cela a toujours été le cas pour eux ? Les prochains mois le démontreront.

Les premières armes des indépendants :

Les candidats indépendants se placent à la troisième place dans l’échiquier local. Eux qui ont toujours été marginalisés lors de toutes les élections précédentes se voient donc propulsés à un niveau jamais atteint par eux. Ils n’ont pas l’habitude de gouverner localement et il sera difficile pour eux de former des équipes homogènes, tout le contraire de candidats affiliés à des partis politiques qui suivent à la lettre les lignes directrices de leurs formations politiques. L’élection des maires de communes qui auront à leur tête des candidats indépendants ne sera pas une partie facile car ces nouveaux élus n’ont pas cet esprit de discipline militante de leurs confrères partisans. Chacun entend rivaliser avec ses compagnons élus. Des alliances conjoncturelles se feront mais pour combien de temps ? Une chose est sûre c’est l’équipe la plus homogène qui pourra gérer au mieux la commune. Cette nouvelle configuration de la gestion des municipalités est pourtant une bonne chose car ces indépendants ne se contenteront pas de rester cloitrés dans leurs bureaux comme l’ont fait et sans doute le feront toujours les élus sous label de partis politiques mais voudront s’approcher des administrés de leurs communes, en essayant au mieux de donner une réponse à leurs préoccupations. Ce sera leur apprentissage du terrain et si l’expérience s‘avère positive alors cela fera tache d’huile et les prochaines élections locales verront la victoire des indépendants s’introduire partout.

Les islamistes Out !

C’en est fini de l’islamisme politique. Ces élections locales l’ont démontré avec éclat. Le MSP et tous ces partis se prévalant d’une idéologie politique teintée de religiosité ont reçu une réponse des citoyens et celle-ci est sans appel. L’Islam politique marque de plus en plus le pas car le peuple dans sa grande majorité veut entendre autre chose que des slogans creux qui n’apportent aucune amélioration dans leur vécu quotidien. Les gens ont été échaudés par la gestion des communes par l’ex FIS en 1990 lorsque les maires de ces communes privilégiaient outrancièrement les militants du parti dissous en les nommant dans des postes administratifs tenus auparavant par des fonctionnaires communaux sans reproche. Pire que cela les équipes communales FIS octroyaient des marchés publics ou d’intérêt général à des entrepreneurs qui les avaient soutenus financièrement lors de leur conquête des APC. Les partis de la mouvance islamiste ont toujours agi en tant que confréries. Cette distinction qui fait partie de leurs gènes politiques leur vaut aujourd’hui leur échec.

 

 

 

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