vendredi, mai 27, 2022

Pénurie d’huile et de lait:
Comment expliquer l’inexplicable ?

Kamel Rezig, le ministre du commerce, constatant une pénurie sans précédent de l’huile de table qui concerne quasiment tout le pays, a voulu voir par lui-même ce qui coince dans la distribution de cette denrée essentielle pour la ménagère. Il s’est rendu chez les distributeurs et il a vu qu’il y avait des quantités de cette huile qui attend d’être acheminée au niveau des commerçants.

Seulement voilà ! Se rendant chez les commerçants le ministre a constaté que ceux-ci n’ont pas reçu la moindre goutte d’huile au grand dam de leur clientèle qui attend une arrivée hypothétique de ce produit. Et lorsque celle-ci finit par parvenir avec on ne sait quel stratagème, le commerçant la vend uniquement à ses clients les plus fidèles. Quoi de plus normal en somme ! Voilà à quoi ressemble le pays aujourd’hui qui commence cette nouvelle année sous le signe de la pénurie. Il n’y a pas que l’huile de table il y a également le lait. Celui extrait de la poudre qui est importée n’est plus livré depuis des mois. À présent c’est le tour du sachet de lait vendu à 50 dinars, lui aussi a disparu. Les gens se précipitent sur le lait Candia mais vu la demande exponentielle de ce produit, le pack de cette marque commence, également à disparaître des étals. Les yaourts très prisés par les enfants sont aujourd’hui pris d’assaut. On craint qu’ils disparaissent à leur tour. Tout cela pose un énorme problème au gouvernement. Malgré toutes les mesures, qu’il a pris dernièrement il n’arrive pas à rétablir la situation. On parle de spéculation, de stockage délibéré pour faire monter les prix, de sabotage économique. Est-ce vrai ? Si c’est le cas qu’attendent les autorités pour sévir et sanctionner ceux qui sont à l’origine de telles pénuries ? Et si en fait le problème est ailleurs ! Conditionnons-nous suffisamment d’huile de table dont la matière première se trouve hors de nos frontières ? Il semble que c’est le nœud du problème. Le géant de l’huile de table, Issad Rebrab éprouve-t-il des difficultés d’approvisionnement en matière première ? On n’a pas obtenu de réponse claire et rassurante de la part de ce dernier. Il en est de même au niveau des concurrents de Rebrab. Il y a un flou inexplicable concernant l’information des données. Le problème de cette persistance de pénuries d’huile et de lait est lié aussi au tour de vis des importations décidé par le gouvernement ces deux dernières années. On en subit les conséquences et celles-ci, au fur et à mesure que le temps passe seront de plus en plus criardes. En fait on a mis la charrue avant les bœufs. Au lieu d’attendre que la production nationale concernant ces produits prenne la relève pour pouvoir répondre au moins à cinquante pour cent de la demande nationale, on a fait dans le réductif. En fait il faut impérativement revoir la politique d’importation des produits considérés comme essentiels. Une suspension des décisions jugées draconiennes pour les intervenants en amont de ces produits soulagera le pays de ces manques successifs de produits qui le nourrissent car en dehors du pain qui est devenu la base principale de la nutrition en Algérie, le lait et d’huile sur les étals, la majorité des citoyens de ce pays continuent cruellement d’être privés des protéines indispensables au maintien de leur santé dans des conditions calorifiques minimales. Un Algérien sur dix aujourd’hui consomme régulièrement de la viande. Un sur cinq s’est abstenu de manger de la volaille vu l’envolée des prix de celle-ci. S’il faut aujourd’hui le priver de lait. Que lui restera-t-il à consommer ?

 

 

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