vendredi, mai 27, 2022

Éducation nationale:
La réforme des programmes scolaires en discussion

Le ministre de l’éducation a informé tous les intervenants de l’éducation nationale qu’il compte incessamment réviser les programmes scolaires. Cela commencera par le cycle primaire et moyen et cela s’achèvera avec le secondaire. Tout le monde aura son mot à dire » a déclaré le ministre.

Ce qui était prévu au temps où l’ex ministre de l’éducation, NouriaBenghabrit, qui a été gelé pour les raisons politiques de ce temps, revient aujourd’hui sur la table. C’est d’ailleurs une promesse d’Abdelmadjid Tebboune faite au cours de sa campagne électorale pour la présidentielle de 2019. Nous sommes à mi-chemin de la fin du mandat présidentiel et cette promesse doit être concrétisée au plus tôt.Tout le monde sait que le programme scolaire tel que dispensé au cours de nombreuses années n’est plus adapté aux exigences de la modernité et de la compétition dans tous les domaines. Il est même en retard d’une cinquantaine d’années si on considère son contenu et la manière dont il est dispensé. Il est désormais grand temps de s’en préoccuper. C’est tout ce programme qui doit être revu dans le sens de la qualité de son contenu. La plupart des matières actuellement enseignées se font sur un mode classique, trop même au vu des parents d’élèves qui constatent que certaines matières comme l’histoire et la géographie continuent de parler de choses totalement dépassées voire même désuètes. On est toujours aux explications de la géopolitique telles qu’elles existaient au cours de la décennie soixante-dix alors que le monde a littéralement changé et subi des transformations profondes. Pour les parents d’élèves nos enfants doivent être au diapason de l’évolution du monde qui nous entoure. En ce qui concerne l’enseignement des langues il est évident que l’Arabe doit être le pivot mais un pivot décomplexé et ouvert à tous les dialectes parlés en Algérie. L’académisme dont il a toujours fait l’objet depuis l’indépendance ne correspond plus à la réalité sociétale du pays. Il n’y a qu’à voir comment nos jeunes écrivent leurs messages sur les Smartphones pour réaliser que ces messages ne sont pas écrits dans un arabe classique mais populaire où le dialecte mélangé à des expressions françaises prédomine très largement. Ce sera sans doute un sujet de discussion qui sera débattu avec les enseignants. L’autre aspect linguistique et non des moindres puisqu’inscrit dans la constitution est l’enseignement de la langue amazighe. Cet enseignement censé être généralisé se heurte aujourd’hui à une méconnaissance totale de cette langue dans la moitié du territoire nationale et dans les régions où cette langue est parlée couramment ou presque. Sa transcription est rendue problématique et même très complexe. En Kabylie où l’identité culturelle est très forte on privilégie l’écriture tamazight en caractères latins. Dans d’autres régions comme les Aurès ou le M’Zab on utilise le caractère arabe mais les usagers se rendent compte que la construction grammaticale de cette langue est très ambigüe du fait de l’existence de voyelles et de syllabes inconnues dans la langue arabe. Enfin en ce qui concerne l’enseignement des langues étrangères, les avis sont partagés. Certains essaient pour des raisons idéologiques évidentes d’imposer l’anglais comme première langue étrangère mais d’autres préfèrent s’en tenir au français et leurs arguments sont convaincants dans la mesure où tous les Algériens utilisent fréquemment des mots en français mêlés au dialecte, à l’arabe et au tamazight. Ils avancent aussi que vu l’existence filiale qui existe actuellement entre la communauté algérienne établie en France le maintien du français en tant que première langue étrangère utilisée dans le pays est plus que nécessaire. L’apprentissage de l’anglais dans nos écoles et lycées doit être qualifiant pour s’imposer notamment à l’université laquelle peut introduire davantage la langue anglaise dans certaines filières notamment techniques et technologiques. Cette réforme des programmes scolaires qui fera intervenir la tutelle, les experts dans les sciences de l’éducation, les syndicats d’enseignants ainsi que les associations de parents d‘élèves ne doit pas s’arrêter à des constats. Ceux-ci chacun les connait. Il faut aller vers une avancée significative et avoir l’audace de souligner les aspects négatifs qu’il faut impérativement supprimer et ceux positifs qu’il faut mettre en valeur et les faire progresser. Une réforme c’est cela en définitive. Le fait d’avoir peur de heurter une sensibilité politique ou religieuse en maintenant des compromis du genre « il faut ménager la chèvre et le chou » en l’état actuel de la connaissance universelle rendra inévitablement cette réforme incomplète et préjudiciable pour les futures générations.

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