vendredi, mai 27, 2022

« Bakary Ballayira » Ou le parcours d’un étudiant Africain à Annaba

 

Portrait réalisé par Hadjer BOUAZIZI

 Chaque année la wilaya d’Annaba accueil un bon nombre d’étudiants étrangers qui viennent surtout de l’Afrique. Le quotidien Aujourd’hui a pris contact avec l’un de ces étudiants qui a déjà terminé ses études et se trouve actuellement au Mali son pays d’origine  » Bakary Ballayira  » l’ancien président des étudiants internationaux.

  Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Je m’appelle Ballayira Bakary, j’ai 24 ans je suis diplômé d’un master en exploitation minière, de l’université d’Annaba, je suis malien. J’ai été  pour la première fois en Algérie en novembre 2016.

Pouvez-vous nous parler de votre vie au Mali ? Votre famille, comment vous avez grandi, votre école primaire, collège, lycée, vos principales activités avec vos amis
Nous somme sept dans notre fratrie et je suis le quatrième enfant avec deux grandes sœurs et un grand frère et trois petits frères, j’ai eu une enfance normale je crois, j’ai   effectué tout mon cursus scolaire du primaire jusqu’au lycée à Bla. Bla est un cercle genre wilaya Déléguée de la 4ème région (wilaya ) nommé Segou. J’étais studieux et commerçant depuis le primaire. J’étais également sportif car j’ai participé à beaucoup  de compétitions de basket-ball avec le centre de formation CFBBK (centre de formation de basket ball de Bla kaïratoun) dont le coach était Amadou Tangara.
J’ai connu la majeure partie de mes amitiés à l’école ou au centre de formation en conséquence nos activités en tant qu’amis étaient centrés sur différentes choses qui pouvaient nous permettre d’atteindre nos objectifs.
Pourquoi et comment avoir choisi Annaba et pas une autre ville pour faire vos études universitaires ?
En réalité j’ai postulé à une bourse algérienne que l’Etat malien nous offrait après le bac en fonction de nos moyennes.
Dans cette procédure on ne choisi pas tel ou tel ville. C’est en fonction de la série et de la moyenne au bac et de la disponibilité des bourses que l’état offre.  A ce stade on a le choix du mérites après si tu n’aimes pas tu peux toujours rester au Mali.
Moi dans mon cas c’était Sciences et technologie qu’on m’avait accordé à Annaba.
A vrai dire en ce moment je n’avais aucune idée de ce qui pouvait être la vie en Algérie ni à Annaba. La spécialité me plaisait et j’aimais aussi l’idée de quitter mon pays pour étudier ailleurs. Question de vivre dans un monde différent du miens avec ma famille.
Que peux-tu nous dire sur l’organisation du partenariat entre l’Etat algérien et l’Etat malien autour du système des bourses d’études ?


Oui c’est une bourse d’études que j’ai eu A vrai pas grande chose. Tout ce que je sais est que presque chaque année après l’affichage des résultats du baccalauréat malien on fait l’annonce de la disponibilité des bourses d’études pour quatre pays à savoir l’Algerie, le Maroc, la Tunisie et la France. C’est une fois en Algérie là-bas que j’ai appris des informations supplémentaires sur les modalités de ces bourses de coopération. En fait c’est l’état algérien qui en fonction de la capacité de ses universités et la géopolitique qui accorde des bourses à des Etats amis dont mon pays. Après l’Etat malien aussi nous envoie une allocation chaque trimestre et nous achète quelques billets d’avion pendant nôtre cursus.
Comment s’est déroulé votre cursus universitaire ?

Très bien par la grâce d’Allah. De la première année licence jusqu’à la deuxième année master je ne peux que remercier Allah.

Dans les premiers temps avez-vous rencontré une difficulté pour communiquer avec l’ensemble des étudiants Algériens, surtout que notre langage est un mélange de plusieurs régions ?

Il existait Une difficulté de communication avec certains mais d’autres non.
Cela dépendait du niveau du niveau de français de mes camarades Algériens.
Racontez nous un peu les souvenirs de votre arrivée en Algérie.
Je venais de quitter Bamako le soir vers 22h dans une température très élevée
On arrive à l’aéroport international Houari Boumediene le matin, trouvant une fraîcheur jamais rencontrée auparavant dans ma vie. On est bien accueilli par les aînés. Ensuite vers 11h on a pris le vol  pour Annaba.
Quelles sont les points communs  entre votre ville natale et Annaba ? Spécifiquement le côté culturel, les plats, les fêtes…etc!!
À part l’appel à la prière qu’on attend d’une part et de l’autre je n’ai trouvé rien de similaire. Quoi que fondamentalement les êtres humains ont des similitudes dans l’âme. Les céréales les plus consommées chez nous sont le riz le mil le maïs
Ce qui fait que nos plats sont différents. Nos fêtes !! Le ramadan est spécial en Algérie avec une ambiance très festive. Au Mali le ramadan est perçu comme un frein aux festivités. Les femmes non voilées commencent à se voiler, tout le monde se met vraiment dans la pratique religieuse.
Votre plat Algérien préféré ?
J’ai beaucoup aimé le couscous.
Comptez vous un jour revenir à Annaba ? Si vous aurez l’occasion de venir quel sera l’endroit qui vous a frappé dès votre venu et vous allez y retourner?

J’ai grande envie d’y retourner précisément dans la forêt et plage de Seraidi.
J’ai même envie de le montrer à beaucoup de mes compatriotes dans le cadre d’un tourisme organisé.

Un conseil à donner aux futurs étudiants qui choisissent la même destination que vous ?
Je leur conseille la patience, beaucoup de courage, et surtout de profiter de leur temps libre pour se perfectionner dans tous les domaines.

Comment décrivez-vous votre expérience à Annaba?

Très plaisante…Plein De belles rencontres et de beaux souvenirs mais aussi quelques mauvais souvenirs qui m’ont toutefois appris que la vie ne vaut rien du jour au lendemain on peut la perdre. Pour illustrer ces propos je donne l’exemple de la mort du camarade Prospère  » Allah Yarhmou  » qui le soir même de sa mort il  avait eu une discussion plaisante avec moi avant de franchir le pas de la porte.  En bref ce séjour a été un grand pas dans ma vie.

Quel est le plus beau souvenir que vous avez porté avec vous au Mali ?
Ils sont tellement nombreux, mais je me contenterais de citer l’humanisme dont ont fait preuve les Annabis à mon égard. Tu es l’exemple frappant de cette humanité 😊

Dernière question, comment était votre dernier Ramadhan à Annaba ?

Moins festif que les autres à cause des restrictions liées au Covid mais très chargé par le fait que j’étais le président des étudiants internationaux…car on se rend réellement services lorsqu’on rend service au autres. J’ai concentré une grande partie de mes années d’études à présider les différentes associations. En retour j’ai remarqué en moi une responsabilisation dans mes actes.

 

 

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