vendredi, mai 27, 2022

La revalorisation des pensions de retraite:
La mesure était attendue

L’année passée les retraités n’ont pas été augmentés comme cela se faisait automatiquement les années précédentes. Il faut dire que la conjoncture économique du pays ne s’apprêtait pas à ce genre d’exercice. D’autre part la situation financière de la caisse nationale des retraites était très mauvaise et ne permettait pas d’augmenter ne serait-ce que d’un pour cent les pensions. Cette année ce n’est pas pareil et nous allons nous efforcer de dire pourquoi.

Souvenons-nous en 2021 la pandémie du Covid était toujours là engageant le gouvernement à prendre des mesures de confinement qui firent baisser considérablement la croissance économique du pays. Le gouvernement a dû se résoudre à suspendre le paiement des impôts et des charges des entreprises et des petites activités commerciales. De plus il avait entrepris d’aider quoique modestement certaines activités lesquelles, à cause des confinements successifs ont dû arrêter leurs activités. Par ailleurs il faut également avoir à l’esprit que pendant la presque totalité de l’année 2021 nos exportations d’hydrocarbures allaient au plus mal et les cours mondiaux de l’énergie baissaient. Or l’Algérie malgré les efforts de redressement entrepris par l’État qui voulait dépendre de moins en moins de la rente pétrolière et gazière mais était obligé encore et toujours de maintenir celle-ci grâce aux dividendes procurés par la vente de nos hydrocarbures. On s’est rendu compte que les réformes engagées notamment par le plan de relance demanderaient du temps, bien que le gouvernement savaitqu’on était sur la bonne voie. En clair 2021 a été une année particulièrement difficile pour le gouvernement et une augmentation des pensions de retraite même à un faible niveau aurait encore augmenté les dépenses publiques déjà fortes avec les aides accordées à une frange de la société qui basculait déjà dans la pauvreté. À présent que la pandémie est derrière nous et que les activités,toutes les activités ont repris la situation commence à s’améliorer d’autant que le prix du pétrole et du gaz est au plus haut,bien plus que l’on espérait et cela a l’air de durer avec cette guerre en Ukraine et les sanctions visant à réduire considérablement les importations européennes des énergies fossiles importées massivement par les pays européens. Nos exportations de gaz et de pétrole sont aujourd’hui à leur plus haut niveau et des projets d’extension et d’exploration de nos hydrocarbures sont en cours et même en bonne voie. La rente en devises reprend des forces et la réduction de nos importations de produits jugés non essentiels a équilibré notre balance commerciale avec même un certain excédent. Cela ne s’était jamais vu depuis des décennies. Par ailleurs avec la réforme structurelle des règles de partenariat avec notamment la suppression de la règle 51/49% pour tout secteur économique non stratégique les investissements étrangers voient le jour et s’il faut ajouter l’intention du gouvernement de ne plus séparer comme cela se pratiquait le secteur public du secteur privé, en encourageant même des partenariats gagnant-gagnant, le tableau d’un nouveau paysage économique se dessine avec clarté. Le gouvernement qui tient un conseil des ministres hebdomadaire sous la présidence du président de la république constatant que la situation s’améliore a pris une première mesure très significative concernant les chômeurs, ces laissés pour compte qui n’ont jamais été aidés autrement que par des dispositifs souvent complexes pour eux comme ceux de l’ANSEJ et la CNAC. Ainsi dès la fin du premier trimestre de cette année tout chômeur inscrit à l’ANEM et répondant à certaines conditions très peu contraignantes au demeurant a droit à une allocation mensuelle qui lui permettra de tenir le coup jusqu’à ce qu’on lui propose un travail rémunéré à plein temps ou partiellement ou une formation en apprentissage pour pouvoir enfin accéder à un emploi ou à une activité qui lui permette de vivre dignement. La deuxième mesure attendue celle-là à cause de l’érosion du pouvoir d’achat a concerné la suppression de l’IRG pour les faibles revenus et ceux moyennement élevés en y indexant les pensions de retraite. Enfin la troisième mesure qui ne sera sans doute pas la dernière concerne aujourd’hui le relèvement des pensions de retraite déjà bonifiés, rappelons-le par la suppression d’une partie conséquente de l’IRG. Certes cette revalorisation est graduelle puisqu’elle gratifie de 10% les pensions les plus faibles allant crescendo jusqu’à 2% pour les retraites au-delà de 4 3000 dinars. Est-ce que cela veut dire pour autant que la situation financière de la CNR s’est améliorée en l’espace d’une année ? Certainement pas mais l’État est aujourd’hui en mesure de renflouer celle-ci puisque la situation économique le permet comme il l‘a fait pour les chômeurs. L’État veillera de plus en plus avec la reprise économique qui s’annonce à ce que le système de protection sociale fonctionne comme il se doit et que tout employeur paiera sa part de protection des travailleurs qu’il emploie. C’est le pari mais également un défi que l’État aura à affronter cette année et ceux qui vont suivre.

 

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