vendredi, mai 27, 2022

Rappel de notre ambassadeur à Madrid:
« Justifié » selon Amar Belani

Le chargé de la question du Sahara occidental au ministère des affaires étrangères, Amar Belani, a éclairci un point resté en suspens, suite au rappel de notre ambassadeur à Madrid, cela concerne un éventuel retour de ce dernier. Selon Amar Belani, c’est exclu pour le moment car le gouvernement espagnol n’a pas donné les éclaircissements nécessaires suite au revirement inattendu opéré par le président du conseil espagnol. L’Algérie attend que cette position soit clarifiée.

Cette déclaration exprime on ne peut plus clairement la position d’Alger. Elle signifie que si l’exécutif espagnol reste dans sa position les relations entre les deux pays ne connaîtront aucune amélioration et qu’elles risquent même d’être dégradées. La balle est à présent dans le camp des espagnols mais tout porte à croire que la situation diplomatique continuera d’être figée à moins d’un changement de gouvernement, ce qui à l’heure actuel n’est pas à l’ordre du jour même si du point de vue économique l’Espagne est aujourd’hui mal en point. Les explications oiseuses données par la porte-parole du gouvernement espagnol, au lendemain de la déclaration de Pedro Sanchez concernant son adhésion au projet marocain d’autonomie du Sahara occidental sont une échappatoire, une fuite en avant et a été considérée par l’Algérie comme une feinte pour préserver le partenariat économique avec notre pays surtout en matière de fourniture de gaz dont l’Espagne a un besoin impérieux. Ce faux fuyant l’Algérie l’a évacué d’un revers de main. La réaction d’Alger ne s’est pas fait attendre. Notre pays a signifié au partenaire espagnol de Sonatrach qu’il maintenait certes ses fournitures de gaz car un contrat reste un contrat et que l’Algérie a toujours scrupuleusement respecté ses contrats et engagements mais que le prix de notre gaz lequel, selon les termes du contrat est fluctuant et suit les cours mondiaux, changera car jusqu’ici il était fixe et au-dessous de sa valeur réelle du marché. Ce « cadeau » est à présent caduc et l’ardoise du gaz sera plus élevée. Une autre mesure s’est ajoutée à celle que nous venons de citer, celle de la cessation de toute importation de bovins de ce pays ôtant ainsi aux éleveurs espagnols une source de revenus appréciable. Il y aura probablement d’autres mesures similaires à celle-ci et cela concerne l’importation de produits de consommation jusque-là très largement fournis par l’Espagne, tels que les légumes secs. S’il faut ajouter la suspension de projets retenus et qui n’ont pas encore vu le jour, bien qu’ils soient dans un stade avancé de négociations, cela représente, en termes économiques, une perte non négligeable pour l’Espagne. Le temps des sanctions est donc venu et notre pays qui n’a absolument rien à perdre se tourne à présent vers d’autres partenaires européens comme l’Italie, l’Allemagne et ceux de l‘est européen comme la Hongrie, la Roumanie et la Pologne pour leur fournir gaz et pétrole à partir de la péninsule italienne ou de Grèce. Il faut par ailleurs rappeler que ce nouveau positionnement de l’Algérie ne concerne pas le Portugal, pays attenant à l’Espagne qui entretient d’excellentes relations économiques avec notre pays. En définitive avec son revirement qu’on peut qualifier de spectaculaire Pedro Sanchez s’est tiré une balle dans le pied et il ne pourra sortir de ce bourbier que s’il se reprend mais cela serait étonnant car cela donnera l’impression d’un désaveu, ce qui entraînerait sa chute inévitablement et le rendrait peu crédible à l’avenir dans toute relation politique entreprise par lui. S’il tourne à nouveau casaque le Maroc ne lui pardonnera pas et lâchera une armada de migrants vers l’Espagne. Pire encore il facilitera l’acheminement du cannabis qu’il produit en quantité et de la drogue dure (cocaïne et héroïne) en provenance d’Amérique latine en favorisant l’accès de celle-ci au niveau de ses côtes atlantiques. Ainsi le Maroc deviendrait un pays de transition sans problème pour les cartels colombiens et mexicains qui vendent leur drogue à l’Europe. L’Espagne subira donc un assaut qu’elle a jusqu’à présent su contenir. Donc pour l’actuel gouvernement espagnol il faudra coûte que coûte avaler la pilule même si celle-ci est terriblement amère. En ce qui concerne l’Algérie sans aller vers une rupture définitive des relations diplomatiques avec l’Espagne le choix d’un contact a-minima est privilégié mais pour une période non encore définie le retour de notre ambassadeur à Madrid ne se fera pas dans l’immédiat.

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