vendredi, mai 27, 2022

La loi sur le droit syndical permet d’adapter le travail syndical aux changements socio-économiques

La modification et la complétion de certaines dispositions de la loi n 90/14 concernant les voies de l’exercice syndical permet d’adapter l’action syndicale aux changements socio-économiques que connaît le pays, a affirmé Nouar Fouad, chercheur du Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle (CRASC) d’Oran.
« Je pense que la récente réouverture du débat sur cette loi, qui s’inscrit dans les engagements contenus dans le programme du Président de la République, vient pallier le retard pris dans l’adaptation de la loi sur l’exercice du droit syndical aux évolutions de la structure de la main-d’œuvre en Algérie, aujourd’hui, après trente ans de sa promulgation », a estimé le chercheur au cours d’un entretien accordé à l’APS à l’occasion de la Journée mondiale des travailleurs.
Cette démarche, a-t-il dit, vise également « la recherche de la compatibilité de la loi avec les recommandations internationales de l’Organisation internationale du travail et la réalisation des objectifs de développement durable 2015-2030 ».
Nouar Fouad, qui occupe le poste de directeur du département d’anthropologie des systèmes d’éducation et de formation au CRASC, a estimé que la loi sur l’exercice du droit syndical en Algérie garantit la création d’organisations syndicales, « mais cette situation contraint à rediscuter de la question de la représentativité des bases de lutte au regard de la complexité de sa réalité et de la dissociation de l’action syndicale du travail politique partisan », a-t-il indiqué.
Le droit syndical est devenu un exercice sectoriel
Le chercheur, qui s’intéresse aux questions de sociologie du travail, de l’emploi et de l’insertion professionnelle, a souligné que certaines études menées par le CRASC ont montré que les pratiques du droit syndical en Algérie, au cours de la dernière décennie, sont devenues « une pratique sectorielle et de catégories en général, notamment au sein des syndicats dits indépendants ».
Il a ajouté que cela « concerne dans une large mesure les secteurs d’activités qui relèvent principalement de la fonction publique et qui connaissent une croissance de l’emploi des salariés (notamment l’éducation et la santé) et tendent vers un parcours de catégories, de sorte à ce que chaque groupe professionnel cherche à se représenter à travers un syndicat de catégories, à l’exemple de ceux des directeurs de l’éducation et des enseignants, alors que l’ouvrier industriel est absent de la scène de la nouvelle représentation syndicale, dont la représentation relève de l’UGTA en général », a-t-il relevé.
M.Nouar a également fait remarquer que la question de l’exercice du droit syndical soulève d’autres paradoxes lorsqu’il entre en conflit avec d’autres droits collectifs, se demandant « comment l’exercice du droit de grève peut être garanti sans compromettre le droit des élèves à l’enseignement, principe garanti par la Constitution et par la législation qui protège l’enfance en Algérie, et comment garantir le droit d’exercer le droit de grève dans le secteur de la santé alors que la loi algérienne garantit le droit aux soins de santé ? ».
Pour M. Nouar ces paradoxes « nécessitent un débat politique et social approfondi sur la question de la conduite des protestations et de l’exercice du droit syndical responsable et de sa relation avec la gestion des affaires publiques et l’intérêt public ».
Il a noté que la pratique syndicale « doit approfondir les études sociologiques autour d’elle et de ses acteurs afin d’assurer le suivi de ses enjeux sociaux, politiques et économiques ».

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