vendredi, mai 27, 2022

Sétif:
Nécessaire mise en place d’un système de recherche pour valoriser le patrimoine matériel et immatériel

Les participants au 1er séminaire national sur « Les mouvements tribaux et les transformations démographiques dans l’Est de l’Algérie, antique et médiévale », tenu mardi au musée national public de Sétif, ont souligné la nécessité de mettre en place « un système de recherche en vue de valoriser le patrimoine matériel et immatériel de la région ».
« La région de l’Est de l’Algérie possède un patrimoine matériel et immatériel riche et les études historiques diverses et multiples qui lui ont été consacrées demeurent, en général, davantage des initiatives individuelles que collectives », a indiqué Abdelhafid Bouabdallah, chef du département d’histoire à l’université Mohamed-Lamine-Debaghine (Sétif-2).
« Pour relancer ce patrimoine, nous avons besoin d’un travail institutionnel mené par des établissements scientifiques et des laboratoires dans cette partie de l’Algérie, connue à l’échelle mondiale pour avoir vu l’apparition des premiers hommes », a soutenu cet universitaire qui a souligné qu’un tel travail permettra de « mettre en lumière non seulement les périodes préhistorique, antique et médiévale, mais aussi certains événements majeurs dont ceux du 8 mai 1945 ».
Organisée dans le cadre du mois du patrimoine, cette rencontre a regroupé des chercheurs des universités Constantine-2, Tizi-Ouzou, Mascara, Batna-1 et Chlef qui ont abordé les itinéraires et les impacts des mouvements tribaux et des transformations démographiques durant les périodes antique et médiévale.
Dans ce contexte, la directrice du musée national de Sétif, Chadia Khelfallah, a relevé que l’Est de l’Algérie a connu très tôt une présence humaine comme l’atteste les multiples sites préhistoriques, avant d’évoluer vers des petits regroupements puis des agglomérations tribales qui ont mené vers la constitution du royaume des Massyles et de la Numidie unifiée.
Pour Dr. Souad Slimani du département d’archéologie de l’université Constantine-2, les principales tribus du Hodna, connues pour leur nomadisme, ont joué un rôle dans l’économie en renforçant le marché intérieur dans la région du Hodna, notamment en matière de commerce d’animaux et de matières premières. Les déplacements de ces tribus, a-t-elle noté, n’avaient pas uniquement pour objectif le pastoralisme, mais elles assuraient également l’échange de blé, de l’orge et autres produits avec les habitants du Tell. Selon les organisateurs, l’objectif de cette rencontre est de faire connaître l’histoire de l’Est algérien, notamment ses campagnes et les facteurs ayant régulé les mouvements de populations et défini leurs itinéraires.
Ce séminaire de deux jours aborde 10 axes dont « la profondeur historique et civilisationnelle de la campagne de l’Est algérien à travers des sources classiques et archéologiques », et « le rôle de la nature et du relief dans la définition des itinéraires des mouvements humains dans l’Est algérien ».
Les intervenants ont également abordé la question des « répercussions politiques, sociales, économiques et culturelles des mouvements tribaux dans le Maghreb » et « le mouvement de population interne entre le Sud et le Nord, la ville et la campagne ».

 

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