dimanche, juillet 3, 2022

Royaume-Uni :
Une chaîne de cinémas déprogramme un film accusé de blasphème par des musulmans

Une pétition en ligne signée par plus de 119 000 personnes réclame le retrait du film qualifié d’« irrespectueux » et de « raciste ».

(Légende) Capture écran du film « La Dame du Paradis », déprogrammé au Royaume-Uni après des manifestations de musulmans.

La chaîne britannique Cineworld a déprogrammé ce mardi le film « La Dame du Paradis » (« The Lady of Heaven ») au Royaume-Uni, après des manifestations de musulmans devant ses salles de cinéma contre ce long-métrage sur la fille du prophète Mahomet. Une pétition en ligne signée par plus de 119 000 personnes réclame le retrait du film qualifié d’« irrespectueux » et de « raciste ». Selon le journal britannique The Guardian, des musulmans ont aussi manifesté devant des salles de Cineworld dans plusieurs villes, jugeant le film « blasphématoire ».

« En raison de récents incidents liés aux projections de The Lady of Heaven, nous avons décidé d’annuler les projections à venir du film à l’échelle du pays pour assurer la sécurité de nos équipes et clients », a indiqué un porte-parole du groupe, surtout présent au Royaume-Uni et aux États-Unis. Sur une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, on peut voir un directeur de salle capituler devant les manifestants, annonçant la déprogrammation du film :

« Défendre » le cinéma plutôt que de céder à la « pression »

Ce film dramatique britannique, réalisé par Eli King et sorti vendredi en salle au Royaume-Uni, se présente comme le premier à aborder le personnage de Fatima Zahra, la fille du prophète Mahomet et épouse d’Ali, premier imam chiite, et à mettre le « visage » du prophète Mahomet à l’écran. Pourtant, aucun acteur ne jouait ces personnages : leurs visages, souvent représentés par des rayons de soleil éblouissants, ont été générés par ordinateur.

L’annulation a été critiquée par un pair de la Chambre des Lords comme étant « désastreuse pour les arts, dangereuse pour la liberté d’expression ». Interrogé par le Guardian, son producteur exécutif Malik Shlibak a estimé que les cinémas devraient « défendre leur droit de montrer des films que les gens ont envie de voir » plutôt que de céder à la « pression ». S’il défend le droit des manifestants d’exprimer leur mécontentement, il estime que c’était « idiot » et contraire aux valeurs britanniques que le film soit complètement retiré.

 

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