mardi, août 16, 2022

Les Émirats arabes unis et leur jeu trouble en Libye:
Les raisons de l’éviction de l’algérien Boukadoum

 Le secrétaire général de l’ONU a proposé la nomination de l’ex ministre algérien Sabri Boukadoum au poste d’émissaire de l’organisation en Libye. Nomination immédiatement refusée par les représentants des EAU. Le prétexte invoqué par ces derniers est que l’Algérie étant frontalière de la Libye ne pouvait avoir un avis impartial. Un point de vue qui ne tient pas la route.

En fait les raisons sont ailleurs, les Émirats arabes unis sont des satellites de l’Arabie saoudite et ils n’ont jamais eu de voix propre. Ces États obéissent au doigt et à l’œil à ce que leur dit Ryad. On sait pertinemment que les saoudiens soutiennent sans réserve l’équipe de Benghazi et l’auto proclamé maréchal Haftar. Ils ne pardonnent pas à l’Algérie d’avoir soutenu et continue de soutenir les dirigeants de Tripoli, la capitale officielle de la république libyenne. Soutien que partagent d’ailleurs l’ONU et un très grand nombre de pays. La politique étrangère l’Algérie a toujours dérangé ces pays arabes. C’est le cas de la Palestine qui a été honteusement bradée par ces petites principautés avec le soutien implicite des saoudiens, c’est aussi le cas de la Syrie au moment fort de la guerre civile où l’Algérie soutenait tant que vaille le régime de Bachar El Assad qui est au demeurant toujours en place et a même renforcé son autorité. C’est également le cas des bonnes relations de l’Algérie avec l’Iran considéré comme l’ennemi numéro un du royaume saoudien et de tous ses satellites. Enfin c’est le cas avec le dossier sahraoui que l’Algérie soutient sans réserve à l’ONU faisant ainsi obstruction au Maroc qui occupe depuis 1975 un territoire qui ne lui appartient pas. Les pétromonarchies moyen orientales ont toujours proclamé leur soutien au Maroc et ils n’ont aucune intention de revenir là-dessus. C’est donc un tas de griefs que cette partie du monde arabe a contre l’Algérie. Cette décision de refuser à M.Boukadoum le poste d’émissaire spécial de l’ONU à Tripoli est une sanction politique contre notre pays. Il n’ya pas d’autre explication  car l’ex ministre algérien des affaires étrangères qui connait parfaitement le problème libyen pour avoir maintes fois évité à ce pays de s’enfoncer davantage dans un conflit manipulé à outrance par des puissances étrangères ,lesquelles à maintes reprises ont essayé d’entraver le dialogue entre les belligérants  connait la plupart des acteurs politiques libyens  du moins ceux qui sont toujours prêts à dialoguer , hormis bien sur les gens de Benghazi alignés inconditionnellement à l’Égypte et à l’Arabie saoudite. La présence de Boukadoum aurait contrarié leurs projets expansionnistes d’accaparement de la partie ouest de ce grand pays. A ce qui se dit dans les coulisses du palais de verre celui qui avait été désigné par Antony Guterries, le SG de l’ONU d’être son émissaire spécial avait pour mission de proposer aux Libyens une solution fédérale qui aurait été acceptée par un grand nombre d’opposants au gouvernement actuel. Un État fédéral libyen semble, en effet, être la meilleure solution sauf que l’équipe de Benghazi et ceux qui la soutiennent ne veulent pas en entendre parler car pour eux c’est tout ou rien, entendre par là un régime autoritaire dirigé par un dirigeant prêtant allégeance à l’Arabie saoudite et l’Égypte qui ont toujours œuvré et ils ne s’en cachent pas pour un État unifié dont la capitale politique serait Benghazi, Tripoli devenant la capitale économique. Ce genre de manœuvre compliquera toutes discussions qui auront lieu sur le dossier libyen lors du prochain sommet arabe prévu en automne prochain à Alger. Cette éviction de notre ex ministre par les émirats arabes unis est le signe révélateur que ce sommet continuera, comme par le passé de faire apparaître des dissensions au sein d’un monde arabe plus que jamais divisé.

 

 

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