dimanche, octobre 2, 2022

Hakim Alileche, l’oléiculteur qui veut déghettoïser l’huile d’olive algérienne

Hakim Alileche veut sortir l’huile d’olive algérienne de son « ghetto » communautaire à l’étranger. Après avoir réussi à imposer sa marque Dahbia dans les concours internationaux, il vise désormais le marché premium.
« Je veux que Dhabia ait sa place parmi les meilleures marques d’huile d’olive dans les rayons des magasins, et pas uniquement dans les rayons communautaires », explique-t-il à TSA.
Pour y arriver, il compte valoriser les médailles obtenues par sa marque à l’étranger.
Le dernier prix en date de « Dahbia » a été obtenu le 30 juillet au prestigieux concours international de l’huile d’olive extra-vierge de Dubaï.
Cette nouvelle médaille d’or a été attribuée sur la base de la même huile soumise aux analyses au mois de février dernier devant un jury composé d’experts issus des quatre coins du monde.
Cette distinction renforce davantage l’image de Dahbia et de l’huile d’olive algérienne en général. « C’est la même huile d’olive, qui a été primée en février. L’huile est restée intacte après cinq mois, ce qui lui a permis d’arracher cette deuxième médaille », explique l’entrepreneur dont le champ d’oliviers s’étend sur plusieurs hectares à Ain Oussera.
Cette médaille est le gage que l’huile d’olive « Dahbia » est stable, et qu’elle garde toutes ses qualités même après plusieurs mois de conservation. Ce concours se tenant au début de l’année en février puis en juillet, il permet de prouver que « notre produit a gardé toutes ses qualités, puisque c’est le même qui a été analysé au début de l’année », comme l’explique à TSA Hakim Alileche. D’habitude, l’huile d’olive, contrairement à une idée reçue, perd ses qualités nutritionnelles avec le temps.
« Les organisateurs du concours de Dubaï programment deux éditions par an. La première concerne la récolte précoce au début de l’année (du mois de février) et la seconde se tient fin juillet. L’intérêt de cette compétition (et de cette médaille) est de prouver que l’huile est stable, elle garde toutes ses qualités même après plusieurs mois de conservation », explique Hakim Alileche.
Pour permettre à « Dahbia » de remporter autant de médailles à l’international, Hakim Alileche a sa recette qu’il applique avec la rigueur d’un horloger suisse.
« Nous travaillons l’olivier tout au long de l’année. Nous sommes très proches de nos oliviers. Quelques heures à peine après la récolte des olives, on les passe au moulin, situé au milieu du verger. Bien sûr à froid, le moulin n’étant pas doté de sources de chaleur. Et ce afin de préserver les polyphénols », explique-t-il.
Pendant la période de la cueillette, Hakim Alileche supervise lui-même le processus jusqu’à la trituration. « Je me lève chaque jour à 5h00 du matin, je supervise toute l’opération. Rien ne doit être laissé au hasard », a-t-il affirmé.
Pour lui, la médaille d’or obtenue le 30 juillet à Dubaï est une « preuve que notre produit a gardé toutes ses qualités, puisque c’est le même qui a été analysé au début de l’année. »
« Nous adoptons les bonnes pratiques du processus de bout en bout. Nous essayons de produire une huile sans défaut. Cela requiert aussi de respecter les conditions de stockage, à l’abri de la lumière, de l’oxygène et de la chaleur. Tout cela entre en jeu pour faire une huile de qualité », détaille Hakim Alileche. « Nous travaillons uniquement sur notre propre exploitation pour mieux gérer tout le processus », ajoute-t-il.
« Nous visons le marché premium »
Après s’être imposée dans de prestigieux concours à l’étranger, « Dahbia » veut désormais conquérir le marché mondial. La marque algérienne vise le marché premium. Elle veut se faire une place dans les magasins parmi les marques prestigieuses de l’huile d’olive.
C’est le projet de Hakim Alileche qui veut internationaliser l’huile d’olive algérienne, qui est jusqu’à présent, et malgré sa bonne qualité, cantonnée dans les rayons des produits communautaires des supermarchés occidentaux.
« Notre intérêt dans ce genre de compétitions c’est de dé-communautariser l’huile, on cherche à la rendre universelle. Il ne s’agit pas seulement d’universaliser pour universaliser, nous visons pour ce qui nous concerne le marché premium. C’est-à-dire une huile de qualité. Nous participons à des concours pour permettre une visibilité plus large du produit algérien en général. C’est l’étendard que nous portons », explique-t-il.
Pour justifier que « Dahbia » a sa place sur le marché premium, Hakim Alileche met en avant les conditions de sa production, en plus de ses médailles à l’international.
« Nous travaillons uniquement sur notre propre exploitation pour mieux gérer tout le processus. Nous sommes dans une culture biologique, nous n’utilisons pas d’intrants ni d’engrais, pas de pesticides ou de produits chimiques », ajoute l’oléiculteur.
Une huile algérienne bien installée sur le marché international
En effet, l’huile d’olive « Dahbia » ne s’est pas contentée de traverser les mers mais elle fait le tour de la Terre entière, puisqu’elle trouve son public même en Australie. Outre le pays d’Oz, elle attire l’attention de pays partout à travers le monde : les Etats-Unis, le Canada, la Chine, le Japon, etc.
Ce qui fait sa particularité et qui attire notamment les importateurs des quatre coins du globe, c’est qu’elle est issue d’une culture biologique. Ni intrants ni engrais ou pesticides ou produits chimiques ne sont utilisés dans la culture des oliviers. « Les quantités sont donc limitées », dévoile M. Alileche.
« Après, il faut absolument augmenter les quantités. La demande est là, la qualité aussi. Le client est là, il suffit juste de produire et de l’approvisionner », explique le propriétaire de « Dahbia ».
« Ce que je préconise c’est d’aller vers de nouvelles plantations. Il faut aller vers des investissements à grande échelle pour relever ce défi d’exporter de grandes quantités. Nous avons prouvé que pour ce qui est de la qualité, on en a. Nous avons un savoir-faire », assure l’oléiculteur.

 

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