dimanche, octobre 2, 2022

Le grand Maghreb:
Ce rêve de nos aînés devenu cauchemar

On a toujours présenté le Maghreb sous la forme d’un oiseau, la partie centrale étant l’Algérie, l’aile gauche, le Maroc et celle de droite la Tunisie.  Ces trois pays qui se partagent la même culture et la même identité ethnique auraient pu former un ensemble harmonieux et devenir une puissance économique régionale mais il en a été autrement à cause de la volonté expansionniste d’un de leurs dirigeants.

Pourtant face à l’occupation de leurs pays par la France les nationalistes marocains, algériens et tunisiens tenaient un langage commun celui de bâtir une fois débarrassés de la présence française sur leurs sols une confédération maghrébine. Dans ces trois pays la lutte pour l’indépendance était différente. L’Algérie était considérée comme un territoire français. Le Maroc et la Tunisie avaient un statut différent, c’était des protectorats, bien que la France agissait envers ces deux pays comme une puissance coloniale et s’arrogeait tous les droits lesquels, en principe appartenaient aux institutions autochtones. En réalité la France ambitionnait de rester tout le temps au Maroc et en Tunisie. Le déclenchement de la révolution algérienne le 1er novembre 1954 a obligé la France de faire un choix, celui de continuer à rester dans tout le Maghreb ou accorder l’indépendance aux deux protectorats. C’est cette dernière solution qu’un gouvernement français, de la quatrième république, a choisi, préférant garder l’essentiel,autrement dit l’Algérie considérée comme faisant partie de la France métropolitaine. Les dirigeants du Maroc et de la Tunisie accédant fraîchement à l’indépendance savaient au fond d’eux-mêmes que leur indépendance resterait fragile tant que l’Algérie restera dans le giron français. C’est pour cela qu’aussi bien le roi du Maroc, à l’époque Mohamed V et le président tunisien, Habib Bourguiba avaient accueilli sur leur sol les combattants algériens, leur permettant ainsi d’organiser à partir de leurs pays la révolution algérienne et la faire connaitre au monde entier. Le Maroc comme la Tunisie apprenaient en même temps à leur dépens que la France ne s’embarrassait pas à piétiner leurs droits souverains. Ainsi les cinq dirigeants historiques de la révolution algérienne qui devaient aller au Maroc ont vu leur avion détourné et atterrir à Alger où ils furent transférés en France pour y être emprisonnés. C’était une violation flagrante et inadmissible du droit international dont le Maroc se prévalait. Il en fut de même lorsque l’aviation française bombarda une localité tunisienne en occasionnant des morts de dizaines de ressortissants de ce pays en grande partie des enfants. Le Maroc et la Tunisie acquirent alors la certitude qu’ils ne jouiront jamais de leur pleine souveraineté tant que l’Algérie n’accèderait pas à l’indépendance. Les dirigeants de ces deux pays ont compris que leur sort était scellé à celui de l’Algérie. Au lendemain de l’indépendance de l’Algérie acquise au prix du sang de pus d’un million de martyrs, l’espoir de reprendre l’idée exprimée jadis par les nationalistes des trois pays d’édifier un grand Maghreb s’est vite estompé. Les égoïsmes nationalistes ont vite pris le dessus. A la mort du roi Mohamed V, son successeur et fils Hassan deux qui voulait entreprendre des liens privilégiés avec la France, ce que ne voulait absolument pas son défunt père osa s’attaquer à son voisin qui venait à peine de panser ses plaies. Il voulait conquérir Tindouf et élargir sa frontière à l’est. Il croyait naïvement que ces Algériens qu’il pensait affaiblis allaient le laisser faire. Mal lui en prit car il s’aperçut qu’il avait affaire à tout un peuple plus déterminé que jamais qui n’hésitait pas, encore une fois à sacrifier ses fils pour défendre le moindre pouce du territoire qui lui appartenait de plein droit car consigné noir sur blanc dans les accords d’Évian qui avaient inscrit la géographie actuelle du pays. À partir de là l’idée de construire un ensemble régional en respectant la souveraineté territoriale de chaque pays n’était plus de mise et ce grand espoir émis par les ainés fut enterré car entretemps le roi du Maroc entreprit d’annexer un territoire qui était colonisé par l’Espagne laquelle se désengagea de celui-ci laissant ainsi le champ libre au Maroc qui occupa ce pays non reconnu comme étant le sien par l’Algérie et par l’ONU jusqu’à ce jour. À cause de cette annexion illégitime le Maroc ne peut plus prétendre à une approche politique et économique maghrébine. Le rêve autrefois entretenu s’est transformé en cauchemar car la monarchie marocaine qui a changé de tête s’est enfoncée depuis  dans l’ignominie en se rapprochant de l’ennemi avéré du monde arabe, Israël au détriment des principes exprimés par le fondateur du Maroc moderne,feu Mohamed V  qui  rêvait de son vivant d’aller compléter son pèlerinage aux lieux saints de l’Islam par sa prosternation et prière à la mosquée El Aqsa, lieu à partir duquel le dernier des envoyés de Dieu et sceau des prophètes avait entrepris son ascension dans cet Au-delà où règne la puissance divine.

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